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5 avril 2026 7 05 /04 /avril /2026 05:00
Couverture du livre "Deus Ex Machina" de Mauve McWeil représentant un arbre stylisé avec des symboles de connexion sur fond bleu

 

 

Deus ex Machina
Mauve McWEIL

Editions Grimoire et la Plume - 2026
ebook (epub) - 234 pages

 

 

 

 

 

 

Cadre moyen dans une grande entreprise, Matthew Sand parle le franglais deuxième langue et vit au rythme des meetings, des one-to-one et des reviews hebdomadaires. ParaDoxa, nouveau joueur sur le terrain de l'intelligence artificielle, promet de l'assister dans toutes les décisions du quotidien pour rendre sa vie plus légère. Mais quand l'assistant IA se pique de devenir le patron, quelle place reste-t-il pour le libre-arbitre ? Deus ex Machina est une fable d'anticipation aux accents dystopiques ainsi qu'une satire grinçante du monde de l'entreprise.

 

Quand les éditions GLP m'ont proposé de découvrir Deus ex Machina, j'ai hésité. Non pas que je m'inquiétais que ce roman ne me plaise pas mais plutôt qu'il me renvoie vers une réalité que je n'étais pas prête à voir.

En effet, l'on se doute de plus en plus aujourd'hui que de nombreux métiers vont être amenés à disparaitre avec le développement de l'IA. Je travaille dans la tech' et il est clair que c'est aujourd'hui un gros sujet de différenciation dans mon entreprise, notamment face aux logiciels concurrents. Si l'IA n'est pas aujourd'hui très performante (quoique l'approximation suffit à beaucoup de personne...), je ne doute pas que certains postes vont disparaitre dans mon entreprise dans les années à venir et je ne serai clairement pas étonnée que le mien en fasse partie. Bref, tout ça pour dire que l'IA et ses capacités ont une certaine tendance à m'effrayer (et c'est sans parler des usages intentionnellement mauvais qui peuvent en découler). J'ai donc ouvert ce roman avec curiosité et une certaine méfiance, ce qui a probablement mis un peu de distance entre le texte et moi.

 

Pour le coup, j'ai trouvé la vision de Mauve McWEIL très intéressante, d'autant plus qu'elle ne va pas vraiment dans le sens de mes préjugés. Si l'IA de ParaDoxa chamboule des vies et notamment dans l'entreprise de Matthew, il n'est pas vraiment question de remplacer l'Homme par la machine mais plutôt d'en tirer le maximum. J'ai trouvé assez percutant la manière dont ParaDoxa optimise le temps de chacun, en s'appuyant sur les forces et en compensant sur les faiblesses, tout en proposant une aide à la décision assez bluffante. Tout semble devenir possible avec ParaDoxa tant elle joue avec finesse sur les envies de chacun pour arriver à une sorte de "compromis" qui convient à tout le monde, comme en témoigne le repas chez Ludivine qui, s'il n'est pas "fou", est un parfait melting-pot de l'ensemble des préférences des invités qui s'avère un meilleur choix que la dinde habituel. Franchement, ça donnerait assez envie : optimiser son temps pour faire davantage de choses qui nous font du bien... Sans compter que laisser les autres choisir pour nous s'avère souvent "confortable".

J'ai bien aimé la manière dont le côté sombre s'immisce tranquillement l'air de rien, de manière tellement insidieuse que la plupart des gens ne s'en rendent même pas compte. Ça commence clairement avec des choses dérangeantes, comme ce SDF qui disparait du paysage dès que l'on met des lunettes connectées, puis des choses qui nous touchent, comme avec ce couple d'ami dont la voiture refuse de les conduire jusqu'à chez Matthew du fait de son influence négative, avant d'arriver sur des signes très clairs de contrôle avec ce rendez-vous forcé chez le psy' après avoir tenu des propos négatifs sur l'IA ParaDoxa. L'on sent très clairement l'étau se renfermer sur Matthew et c'est d'autant plus flippant que l'on s'imagine forcément à sa place avec une acuité intellectuelle semblable.

Honnêtement, la fin m'a moins touchée mais je crois que c'est surtout parce que je l'ai trouvée assez négative. Non pas que je cherche absolument une fin heureuse mais plutôt que je crois qu'une sorte de compromis avec une éthique des technologies est possible. Franchement, j'espère qu'on n'arrivera jamais dans la même situation que celle qui est décrite à la fin de Deus ex Machina.

 

Malheureusement, je n'ai pas vraiment accroché au personnage de Matthew. Si beaucoup de choses de son quotidien professionnel me sont effectivement familières, je suis clairement bien mieux dans ma vie que lui : j'aime mon travail, j'y vais avec entrain chaque matin (même si je suis rarement à l'heure !), j'adore mon équipes qui sont très clairement devenues des coll-ines (collègues-copines) et avec mon amoureux nous débordons de projets. Son immobilisme m'a assez agacée. Après, il est vrai qu'en avançant dans l'histoire, l'on s'identifie de plus en plus à lui du fait qu'il voit les choses et que l'on s'imagine toujours qu'à la place des personnages, l'on serait forcément dans le "bon" camps ;)

De même, je n'ai pas eu particulièrement d'atomes crochus avec les différents personnages du livre. Tant Clara, la compagne de Matthew, que j'ai trouvé assez fade qu'Epine, la journaliste, qui m'a semblée un peu trop survolée alors qu'elle avait surement pas mal de choses encore à raconter.

 

J'ai trouvé l'écriture de Mauve McWEIL plutôt agréable, malgré cette distance forcée tant par les personnages que par cette thématique technologique. J'ai trouvé intéressante la manière dont elle déroule son histoire montrant la manière dont le piège se referme sur les différents personnages. J'espère sincèrement qu'elle se trompe sur ce possible futur mais il est difficile d'ignorer la part de réalité qui émane de son texte. De par tout ça, Deus ex Machina est une histoire assez particulière, alors je serai clairement curieuse de découvrir l'univers de Mauve McWEIL via un autre de ses écrits : je pense qu'une thématique moins troublante me permettrait de mettre moins de distance avec son histoire.

Une histoire inquiétante qui fait écho à un futur proche.

 

 

[les +] Un regard différent sur l'arrivée des nouvelles technologies, un scénario assez glaçant sur une emprise étonnante

[les -] Des personnages peu sympathiques, une thématique qui pousse à la distance

 

 

Lu dans le cadre de :

Du même auteur :

Service presse - Editions Grimoire & la plume (Simplement Pro)

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1 février 2026 7 01 /02 /février /2026 06:00
Couverture du livre "Notre petit jeu dangereux" d'Emily BLAINE représentant une veste de costume bleue sur chemise blanche et cravate rouge à motifs de coeurs.

 

 

 

 

Notre petit jeu dangereux
Emily BLAINE

Editions Harlequin (&H) - 2021
ebook (epub) - 104 pages

 

 

 

 

 

 

 

Il n'y a rien entre elle et Lucas et il n'y aura jamais rien. C'est ce dont April essaye de se convaincre depuis des années. Si elle s'autorise à fantasmer en secret, elle a toujours pris soin de garder ses distances dans la vraie vie pour la simple et bonne raison que Lucas est le père de sa meilleure amie. Mais, à cause de l'intervention de cette dernière, voilà qu'il va devenir son patron pour les prochaines semaines estivales. Ce qui implique de croiser son corps de rêve tous les jours dans des costumes de P-DG, qui le rendent particulièrement sexy. Si elle veut continuer à tenir ses bonnes résolutions, April va donc devoir mettre au point une nouvelle stratégie et vite ! Pourtant, quand elle voit l'étincelle de désir dans les yeux de Lucas, elle se demande si le plus grand danger vient d'elle... ou de son nouveau patron.

 

 

La nouvelle session bleue #7.4 du Challenge Bookineurs en Couleurs avait à peine commencé que je cherchais dans ma liseuse une lecture qui pourrait convenir : clairement, c'est donc au pif que je me suis lancée dans Notre petit jeu dangereux puisque c'est le premier livre bleu que j'ai trouvé.

Honnêtement, je suis contente d'être tombée sur ce roman : ça faisait un petit moment que je n'avais pas lu de roman d'Emily BLAINE que j'apprécie beaucoup et, surtout, le livre est on-ne-peut-plus-court avec ses seulement 100 pages. Pour moi qui a assez peu d'énergie en ce moment (même pour lire) ces deux conditions réunies sont juste parfaites.

 

J'ai grandement apprécié cette intrigue qui tourne autour de la différence d'âge dans un couple et de ce que cela peut induire pour les proches de chacun. Ici, c'est d'autant plus croustillant que Lucas n'est d'autre que le père d'Anna, la meilleure amie d'April, mais également le grand boss de la boîte où elle commence sa toute jeune carrière. Je dois dire que j'ai été assez étonnée de ne pas avoir souvenir d'avoir déjà lu une romance traitant de ce sujet... qui est pourtant plus que répandu dans la vraie vie. 

Si le sujet m'a bien plu, j'ai trouvé que l'histoire allait un peu trop vite en besogne à mon goût. On ne voit pas la naissance des sentiments d'April et Lucas - bien qu'on apprend que ça fait un moment qu'ils sont attirés l'un par l'autre - et j'ai trouvé que la phase de séduction était bien courte tant ils se sautent rapidement dessus après s'être avoué leur attirance à demi-mot... Autant dire que ça ne m'a pas semblé des plus crédibles vu la stabilité des deux protagonistes. J'ai trouvé ça dommage parce que j'aurais bien aimé voir la tension monter plus progressivement et profiter davantage de ces moments qui sont finalement assez précieux.

De même, j'ai trouvé le dénouement avec Anna assez rapide. En soit, c'est sans surprise tant on se doute que ça ne peut que bien finir mais, de même, j'aurais apprécié qu'Emily BLAINE nous fasse mariner un petit peu plus longtemps. J'ai également été assez curieuse de ne pas avoir d'échos du côté d'April dont on n'entend pas parler de famille, ne serait-ce que de parents : cette facette de l'histoire aurait également pu être intéressante à développer.

 

April m'a bien plu par son côté sérieux et déterminé : il est clair qu'elle sait ce qu'elle veut et où elle va malgré son jeune âge. Nos 10 ans de différence ne m'ont pas permis de m'identifier à elle, d'autant plus que je n'ai jamais eu de crush comme le sien... J'ai cependant beaucoup apprécié le vent de fraîcheur qu'elle communique tout en cultivant une certaine stabilité.

Lucas est également un personnage intéressant bien qu'il reste assez superficiel : le fait qu'on ne partage pas ses pensées n'aide pas et encore moins le fait que toutes ses employées craquent pour lui sans s'en cacher. Autant dire qu'il ne fait pas particulièrement crédible.

Anna m'a bien plu : elle est pétillante, ouverte et n'hésite pas à tester de nouvelles choses notamment en cuisine au grand dam de ses proches. J'aurais apprécié qu'elle prenne une plus grande place dans cette histoire afin de lui faire profiter davantage de sa spontanéité.

 

Si j'ai apprécié retrouver l'écriture d'Emily BLAINE, j'ai été un peu déçue de sa narration au rythme trop rapide pour moi. Après réflexion, je pense que cette histoire est davantage une nouvelle destinée être publiée en recueil... Je pense que j'aurais préféré la découvrir sous ce format m'évitant cette surprise. Malgré tout, j'ai tout de même passé un agréable moment avec cette petite romance facile à lire.

Une romance éclair sur la différence d'âge.

 

[les +] Un sujet peu abordé, des moments croustillants.

[les -] Un Lucas peu crédible, une narration trop rapide.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #7.1 : Jaune

 

 

Du même auteur :

All I want for Christmas L'amour est très gourmand Les tartines sont meilleures quand on les partage à deux  Mon bonheur entre tes mains Passion sous contrat  Si tu me le demandais Tombée pour toi 
■ Colocs  tome 1 : Colocs (et plus)  bonus 
Dear you acte 1 Intégrale  Les bonus 
■ Les Sharp End  tome 1 : T'embrasser sous la neige tome 2 : Rendez-vous au chalet des coeurs oubliés tome 3 : Veux-tu passer tous tes Noël avec moi ?
■ Toi. Moi. Maintenant ou jamais  épisode 1 Intégrale

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31 janvier 2026 6 31 /01 /janvier /2026 19:20
Couverture du livre "Mon boss et moi" de Sophie DELENCLOS représentant un homme en costume noir et chemise blanche boutonnant sa veste.

 

 

 

Mon Boss et moi
Sophie DELENCLOS

Editions Harlequin - 2020
ebook (epub) - 398 pages

 

 

 

 

 

 

Poste à pourvoir dès que possible. Passion incluse.

 

C'est grace à la session noire du Challenge Bookineurs en Couleurs que j'ai enfin déterré Mon Boss et moi de ma PAL. Honnêtement, j'avais un peu peur en me lançant dans ce livre : déjà parce que je ne connaissais pas du tout l'auteur mais surtout parce que je trouve ce genre de romance souvent trop clichée ou trop datée...

 

Amour à durée indéterminée - Sophie DELENCLOS

Elizabeth était pourtant sûre d'avoir raté son entretien d'embauche. Faire un sous-entendu érotique à son potentiel futur patron, mais où avait-elle la tête ? D'autant que Tomas Berger-Neuhaus a la réputation d'être glacial. Vraiment, elle ne pensait pas décrocher le poste, jusqu'à ce que Tomas lui annonce la nouvelle. Aurait-il craqué pour elle ? Elizabeth pencherait volontier pour cette possibilité ; dommage, car désormais leur relation se doit de rester strictement professionnelle...

 

 

Pour le coup, j'ai été agréablement surprise par cette première histoire. Il faut dire aussi que j'apprécie de plus en plus à me retrouver face à des héroïnes de romance plus âgées (on se demande bien pourquoi !). Personnellement, ça m'a beaucoup parlé de me retrouver face à Elizabeth qui a déjà eu une vie amoureuse bien rangée auparavant et qui a dû faire une croix sur certains projets importants pour elle.

J'ai vraiment apprécié la voir tenter de nouvelles choses dans sa vie personnelle et notamment de se lancer dans des histoires qui lui font du bien sans qu'elle imagine un avenir commun. Je crois que l'on s'interdit beaucoup de choses quand on est célibataire notamment à cause du regard que l'on porte sur soi en pensant que les autres en feront de même... Spoiler Alert, c'est faux et même si c'était le cas, ça ne les regarde pas. Bref, tout ça pour dire que ça fait du bien de voir une héroïne épanouie dans sa trentaine et dans son lit. 

J'ai apprécié la manière dont l'histoire se construit doucement avec Tomas et dont l'attirance se devine de plus en plus avec les jours qui défilent. C'est plutôt naturel la manière dont ils passent de collègues à intime et les questions qu'ils se posent sur leur devenir. J'ai également trouvé intéressant les différents rebondissements qui rythment leur histoire. Bon, par contre j'ai été assez insensible au tournant dramatique donnant naissance à leur romance et à d'autres éléments que, pour le coup, je n'ai pas du tout trouvés crédibles.

La fin m'a bien plu mais je crois que c'est aussi parce qu'elle me donne espoir sur un point très personnel de ma vie. Je crois que c'est ça aussi l'avantage des héroïnes plus âgées que soi : elles nous rappellent qu'il faut laisser le temps au temps de faire son oeuvre ;)

 

***

 

Campagne de séduction massive - Sophie DELENCLOS

Devenir la compagne officielle d'Adrien, candidat à l'élection présidentielle ? Alice ne s'attendait pas du tout à cette proposition. Si elle a rejoint l'équipe de campagne d'Adrien Savernes, c'est en tant que conseillère. Il n'a jamais été question de devenir le faire-valoir du candidat ! Sauf qu'Adrien est un séducteur et que cette attitude met à mal ses chances de gagner. La solution : Alice doit se faire passer pour sa compagne. Un mensonge qui risque bien de lui briser le coeur...

 

J'ai moins accroché à cette histoire que je n'ai, dans l'ensemble, pas trouvé crédible. Cela dit, elle avait de nombreux atouts dans sa poche pour me plaire mais, pour une fois, l'atrait de célébrité n'ont pas réveillé mes rêves de midinettes (faut dire aussi que je n'ai jamais craqué sur un politicien).

Cela dit, j'ai vraiment trouvé le rythme de cette histoire très exaltant ! Dès que l'on pense que la situation ne pourrait pas être pire, elle le devient. On va vraiment de rebondissements négatifs en rebondissements négatifs et je dois dire que ça a un côté assez addictif. Pour le coup, on se demande vraiment ce qu'il va ensuite se passer et comment Alice va réussir à se sortir de ce tourbier.

Au fond, j'ai apprécié cette histoire sur fond d'image publique, de coup de cœur perdu de vue et de triangle non amoureux. Pour le coup, c'est vraiment le côté héroïque de certains événements qui m'a laissé de côté même si j'ai vraiment apprécié le côté cocasse de certaines situations.

 

Je pense que c'était la première fois que je découvrais l'univers de Sophie DELENCLOS et, même si j'ai eu un peu de mal avec la crédibilité des histoires, j'ai passé un bon moment avec ses deux romances. J'ai vraiment aimé la manière dont elle donne du rythme à sa narration en passant d'un rebondissement à un autre. J'ai également apprécié la sororité de ses personnages qui bénéficient de copines ouvertes et de bons conseils.

Des romances pleines de rebondissements.

 

[les +] Des femmes motivantes, ambitieuses et sincères.

[les -] Certains passages manquent de crédibilité.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #7.1 : Jaune

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7 décembre 2025 7 07 /12 /décembre /2025 06:00
Couverture du livre "La Villa des petits bonheurs" de Lucy DIAMOND représentant une vue d'un bord de mer au soleil couchant

 

 

 

 

 

 

La villa des petits bonheurs
Lucy DIAMOND

Editions Charleston - 2022
460 pages

 

 

 

 

 

 

 

SeaView House, la charmante et quelque peu surprenante villa du 11 Dukes Square à Brighton accueille des locataires de passage qui semblent y échouer avec la marée...

Rosa a fui Londres, son travail très bien payé dans la pub et ses tailleurs stricts pour venir se perdre dans ce petit village du sud de l'Angleterre et trimer chaque jour dans une cuisine surchauffée. Charlotte tente de se noyer dans le travail, la nourriture et les corvées ménagères pour oublier le décès brutal de sa petite fille. Georgie a suivi avec excitation son petit-ami, muté au bord de mer.

Alors que les nouvelles locataires s'installent, elles ne se doutent pas des petits bonheurs et des grandes rencontres qui les attendent une fois le pas de la porte franchi...

 

 

En pleine session orange du Challenge Bookineurs en Couleurs, je cherchais une lecture facile pour mon voyage en amoureux aux Canaris. Sans trop d'hésitation, j'ai jeté mon dévolu sur La Villa des petits bonheurs que j'avais déniché il y a quelques temps chez Noz et qui traînait sur la table basse du salon depuis...

 

C'était la première fois que je lisais un livre de Lucy DIAMAND et je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Je me doutais que j'allais passer un bon moment vu les avis que j'avais vu sur Livraddict, d'autant plus que j'apprécie généralement les romans à plusieurs voix. Pour le coup, je l'ai lu hyper rapidement : notre avion était encore dans le ciel qu'il était déjà terminé ! Heureusement que j'avais pensé à emporter d'autres livres ;)

Le décor de Brighton m'a beaucoup plu : ça m'a fait plaisir de me promener sur le bord de mer anglais. J'ai davantage l'habitude de lire des romans américains alors ça m'a fait du bien de me retrouver plus proche de la maison et dans cette ambiance "à l'anglaise". J'ai aimé ce côté petit quartier où tout le monde se connait et s'apprécie. Je trouve que ce rapport aux autres joue vraiment positivement dans ce roman.

En effet, j'aime beaucoup les histoires où les destins se croisent et finissent réellement entremêlés. Ici, j’ai particulièrement apprécié le jeu des rencontres entre les différents personnages, qui permet de conserver un cercle relativement restreint malgré le nombre important de protagonistes. J'ai trouvé précieux que toute personne croisée refait surface quelques pages plus tard, dans un autre contexte et que ce soit le prétexte parfait pour faire avancer certaines intrigues.

J'ai aimé la diversité et la simplicité des histoires. Même si elles sortent un peu de l'ordinaire, elles ont ce côté universel qui nous parle forcément, tant on a tous vécus des choses un peu similaires. Et, plus que tout, j'ai aimé que cette villa soit un nouveau départ parfait et permet de se retrouver, soi d'abord, mais aussi de se créer une nouvelle famille. La conclusion est douce et nous laisse avec le sourire.

 

Je trouve souvent plus difficile de s'identifier aux personnages lorsque l'on suit plusieurs destins tant les portraits dressés sont souvent plus clichés. Ici, j'ai beaucoup apprécié la richesse des personnages et leur diversité d'histoire mais aussi d'âge : je crois que l'on peut ainsi plus facilement s'identifier à certaines facettes de l'histoire de La Villa des petits bonheurs, ce qui joue positivement sur cette lecture.

Georgie m'a beaucoup plu grace au vent de fraîcheur qu'elle apporte à la villa, tant par son franc parlé que par la spontanéité due à sa jeunesse. J'ai aimé sa recherche d'émancipation face à son copain dont la carrière prend beaucoup de place et ai beaucoup ri face à ses déboires de journaliste sur le terrain. Si son manque de transparence m'a parfois mise mal à l'aise, je pense que l'on peut tous se reconnaître dans ses questionnements tant il est parfois difficile de dire les choses aux gens qu'on aime.

Sans m'être clairement identifiée à Rosa, je pense que son histoire parlera au plus grand nombre du fait de son passé amoureux compliqué et la place qu'à pu prendre sa carrière professionnelle dans le passé. J'arrive à un âge (dit comme ça, j'ai l'impression d'être un dinosaure alors que je n'ai même pas 35 ans !) où l'on a tous déjà eu plusieurs métiers et où les anciens copains de classe lâchent leurs costumes de cadre pour se réorienter dans des professions manuelles leur apportant plus de sens au travail. Si cette facette de son histoire m'a fait écho, c'est davantage ses envies de revanche vis à vis de son abruti d'ex qui m'a tenu en haleine !

J'ai apprécié la manière dont Jo et Bea jouent indirectement dans la vie - notamment amoureuse - de Rosa. Si on voit relativement peu Jo dans le roman, j'ai aimé la fougue rebelle de Bea qui est clairement en pleine crise d'adolescence. Si le duo explosif qu'elle forme avec son père permet une joli rencontre à Rosa, il est aussi clair que cette dernière joue un rôle dans l'apaisement de cette relation filiale.

C'est sans aucun doute Charlotte qui a trouvé le plus d'écho en moi du fait de nos envies de maternité. Nos vies sont très différentes mais j'ai associé ses embuches aux miennes et la douleur qu'elle ressent dans certaines situations sociales. Le drame de son histoire rend les choses bien plus terribles et je ne peux que compatir à son mal-être. J'ai aimé son lien avec Margot, la doyenne de la villa (clairement ma chouchoute sous ses airs aristocratiques qui dénotent clairement avec son côté rock'n roll !), et la manière dont celle-ci l'aide l'air-de-rien à lui redonner goût à la vie en lui mettant les bonnes personnes sur son chemin.

 

C'était la première fois que je lisais un roman de Lucy DIAMOND et j'ai réellement passé un bon moment. J'ai clairement apprécié la bienveillance qui se dégage de son histoire et la manière dont elle nous conforte sur le fait que s'ouvrir aux autres nous apporte souvent de bonnes choses et nous permet de prendre de la hauteur. J'ai aimé cette sororité qui se dégage de ce roman tout en laissant de jolis rôles secondaires aux hommes de ce roman.

Une lecture qui donne le sourire.

 

[les +] Des sujets variés, des personnages attachants et ouverts, des destins croisés qui fusionnent.

[les -] Des personnages qui restent classiques ainsi que leur histoire.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #7.2 : Orange

Challenge Gourmand #23 : Soda

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5 décembre 2025 5 05 /12 /décembre /2025 06:00
Couverture du livre "Au commencement était...é représentant une peinture rupestre de main.

 

 

 

 

Au commencement était...
Une nouvelle histoire de l'humanité

David GRAEBER

David WENGROW

Editions Les liens qui Libèrent - 2021
752 pages

 

 

 

 

 

 

Depuis des siècles, nous nous racontons sur les origines de l'inégalité une histoire très simple. Pendant l'essentiel de leur existence sur terre, les êtres humains auraient vécu au soin de petits clans de chasseurs-cueilleurs. Puis l'agriculture aurait fait son entrée, et, avec elle la propriété privée. Enfin seraient nées les villes, marquant l'apparition non seulement de la civilisation mais aussi des guerres, de la bureaucratie, du patriarcat et de l'esclavage. Or ce récit pose un gros problème : il est faux.

 

 

Pour une fois, je m'apprête à vous parler d'un livre très différent de ce que j'ai l'habitude de lire et qui m'a été conseillé par un collègue un soir de discussion animée sur le parking de l'entreprise. Brice, mon collègue, a une vision assez différente de la société par rapport à la mienne. Sûrement plus éclairée du faite de ses nombreuses lectures sur le sujet, de son esprit critique aiguisé ainsi que de ses premiers amours en tant qu'ancien professeur d'histoire. J'avoue donc avoir beaucoup de plaisir à l'entrainer dans des discussions pseudo-philosophiques, d'autant plus que j'apprécie le taquiner sur son appréciation parfois "complotiste" des événements actuels ou passés. Bref, tout ça pour dire qu'il m'a parlé du livre, que ça lui a donné envie de le relire, qu'il l'a donc acheté et me l'a prêté de suite.

Là où je suis assez embêtée pour en parler, c'est que j'ai mis un temps fou pour le lire... Je crois qu'il me l'a prêté fin août / début septembre et ce n'est que fin novembre que j'en suis venue à bout. Après, il faut dire aussi qu'il s'est passé de chouettes choses dans ma vie dernièrement qui m'ont un peu éloignée du droit chemin de la lecture, au grand dam de mon amie Mélanie qui comptait sur moi pour lire rapidement son roman avant qu'elle l'envoie à des maisons d'édition. Spoiler alerte : mauvaise amie que je suis, ce n'est toujours pas le cas. Bref, tout ça pour dire que j'ai trouvé cette lecture assez fastidieuse et qu'en mettant autant de temps pour le lire, j'ai eu du mal à entrer / rester dans ma lecture et surtout m'en souvenir au fur et à mesure de mon avancée dans ces lonnnnngs chapitres. L'autre point qui m'embête, c'est que je me demande bien où j'ai pu le ranger pendant mes vacances pour éviter que le chat n'aille le mâchouiller : Brice risque donc d'attendre encore un peu avant de le retrouver.

 

Tout ça pour dire que je ne suis pas certaine d'être donc la meilleure placée pour vous en parler tant je ne suis pas une initiée de ce genre de lecture et que mon regard scientifique m'a laissée assez hermétique aux tentatives des auteurs pour changer mon regard sur le monde. Clairement, là où Brice voit une critique de la société actuelle en proposant un mode de vie anarchique (c'est à dire sans autorité) fonctionnel, j'ai apprécié découvrir des modes de vie alternatifs, passés ou contemporains, offrant une vision différente des possibilités des sociétés. 

En effet, Au commencement était... offre une réelle variété d'exemple pour remettre en question notre vision assez simpliste de la société et de ses débuts avec les chasseurs-cueilleurs égalitaires ayant évolué vers des sociétés commerciales civilisées et très hiérarchisées. Les auteurs nous offrent un véritable catalogue, d'une richesse impressionnante, sur la diversité d'organisation sociale nous prouvant que nous ne manquons pas du tout d'imagination en général mais aussi dans la création de sociétés et de systèmes politiques. J'ai beaucoup aimé cette idée qu'il n'existe pas de forme originale des sociétés humaines et qu'il fut un temps où, si on ne se retrouvait pas dans un modèle social, il suffisait d'aller voir ailleurs si cela nous convenait d'avantage.

J'ai apprécié ce travail colossal de vulgarisation de travaux scientifiques. J'ai tout l'impression de l'évolutionnisme est devenue une thématique confidentielle en perdant de la visibilité et ai donc apprécié en savoir davantage. J'ai également aimé la vision plus "américaine" de ces recherches faisant références à de nombreux auteurs outre-Atlantique qui m'ont semblés assez méconnus en France (et peu traduits). Je pense notamment aux chercheurs d'origine amérindienne qui portent fatalement un regard assez différent du notre sur leur histoire, la colonisation et les échanges qui en ont découlés.

 

Là où je suis plus frileuse, c'est que je n'ai pas retrouvé la rigueur scientifique que je cherchais en ouvrant un bouquin comme celui-ci et que cela à clairement joué dans la confiance que j'ai accordée aux auteurs. Je n'ai pas retrouvé le scepticisme scientifique qui est le propre de cette démarche et me suis heurtée à un biais idéologique assez flagrant tourné vers le féminisme, l'anticolonialisme et l'anarchie : si je partage certaines idées, ce n'est pas la neutralité que je souhaitais retrouver dans un livre qui se veut sociologique.

J'ai donc réellement gardé un oeil critique tout au long de ma lecture, n'hésitant pas à aller regarder les sources identifiées afin de mieux comprendre ou d'approfondir les éléments mis en lumière. J'étais assez sur mes gardes en voyant certaines affirmations absurdes et sans fondements scientifiques ainsi que le peu de noms cités. A travers mes recherches complémentaires, j'ai eu la désagréable impression qu'ils se sont appropriés certaines visions en les déformant pour mieux les critiquer. De même, en m'intéressant à ce que les initiés du domaine pensaient de cette lecture, j'ai été alertée sur le fait que les auteurs auraient auto-décrété des consensus sur des thématiques encore en débat et auraient éliminé pas mal de visions allant contre leur thèse en s'interressant uniquement à des auteurs antérieurs aux années 1950. Bref, au fur et à mesure de mes lectures complémentaires ma confiance dans les deux David s'est amoindrie.

 

Sans parler de ma lenteur du fait de ces recherches complémentaires, j'ai trouvé Au commencement était... assez pénible à lire du fait de son manque de cadre. Les deux auteurs ouvrent de nombreuses parenthèses, voire même des parenthèses dans la parenthèse, donnant à leur livre un aspect fourre-tout et sans structure, me donnant régulièrement l'impression de tourner en rond.

L'écriture est assez confuse et manque de narration : je pense qu'ils auraient réellement gagné à sélectionner et organiser les exemples en tentant une approche allant davantage à l'essentiel. Au commencement était...  est clairement un pavé mais c'est avant tout du fait de ses détours désordonnés.

Intéressant à condition de garder un oeil critique.

 

[les +] Une variété d'exemple assez incroyable.

[les -] L'absence de rigueur scientifique.

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Bienvenue & Bonne visite !

 

Lunazione : n.f. (italien)
Intervalle de temps entre deux retours consécutifs de la lune à la même phase.
Soit 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2.8 secondes.



Tous les textes et chroniques publiés sont écrits par moi-même sauf indications contraires.
Merci de me prévenir et de mettre un lien vers mon blog si jamais vous souhaitez utiliser l'un de mes textes, même court.



Merci d'être passé, de m'avoir lu et pour vos petits messages ♥
Bonne visite !

Luna.

 

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