Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
5 avril 2026 7 05 /04 /avril /2026 05:00
Couverture du livre "Deus Ex Machina" de Mauve McWeil représentant un arbre stylisé avec des symboles de connexion sur fond bleu

 

 

Deus ex Machina
Mauve McWEIL

Editions Grimoire et la Plume - 2026
ebook (epub) - 234 pages

 

 

 

 

 

 

Cadre moyen dans une grande entreprise, Matthew Sand parle le franglais deuxième langue et vit au rythme des meetings, des one-to-one et des reviews hebdomadaires. ParaDoxa, nouveau joueur sur le terrain de l'intelligence artificielle, promet de l'assister dans toutes les décisions du quotidien pour rendre sa vie plus légère. Mais quand l'assistant IA se pique de devenir le patron, quelle place reste-t-il pour le libre-arbitre ? Deus ex Machina est une fable d'anticipation aux accents dystopiques ainsi qu'une satire grinçante du monde de l'entreprise.

 

Quand les éditions GLP m'ont proposé de découvrir Deus ex Machina, j'ai hésité. Non pas que je m'inquiétais que ce roman ne me plaise pas mais plutôt qu'il me renvoie vers une réalité que je n'étais pas prête à voir.

En effet, l'on se doute de plus en plus aujourd'hui que de nombreux métiers vont être amenés à disparaitre avec le développement de l'IA. Je travaille dans la tech' et il est clair que c'est aujourd'hui un gros sujet de différenciation dans mon entreprise, notamment face aux logiciels concurrents. Si l'IA n'est pas aujourd'hui très performante (quoique l'approximation suffit à beaucoup de personne...), je ne doute pas que certains postes vont disparaitre dans mon entreprise dans les années à venir et je ne serai clairement pas étonnée que le mien en fasse partie. Bref, tout ça pour dire que l'IA et ses capacités ont une certaine tendance à m'effrayer (et c'est sans parler des usages intentionnellement mauvais qui peuvent en découler). J'ai donc ouvert ce roman avec curiosité et une certaine méfiance, ce qui a probablement mis un peu de distance entre le texte et moi.

 

Pour le coup, j'ai trouvé la vision de Mauve McWEIL très intéressante, d'autant plus qu'elle ne va pas vraiment dans le sens de mes préjugés. Si l'IA de ParaDoxa chamboule des vies et notamment dans l'entreprise de Matthew, il n'est pas vraiment question de remplacer l'Homme par la machine mais plutôt d'en tirer le maximum. J'ai trouvé assez percutant la manière dont ParaDoxa optimise le temps de chacun, en s'appuyant sur les forces et en compensant sur les faiblesses, tout en proposant une aide à la décision assez bluffante. Tout semble devenir possible avec ParaDoxa tant elle joue avec finesse sur les envies de chacun pour arriver à une sorte de "compromis" qui convient à tout le monde, comme en témoigne le repas chez Ludivine qui, s'il n'est pas "fou", est un parfait melting-pot de l'ensemble des préférences des invités qui s'avère un meilleur choix que la dinde habituel. Franchement, ça donnerait assez envie : optimiser son temps pour faire davantage de choses qui nous font du bien... Sans compter que laisser les autres choisir pour nous s'avère souvent "confortable".

J'ai bien aimé la manière dont le côté sombre s'immisce tranquillement l'air de rien, de manière tellement insidieuse que la plupart des gens ne s'en rendent même pas compte. Ça commence clairement avec des choses dérangeantes, comme ce SDF qui disparait du paysage dès que l'on met des lunettes connectées, puis des choses qui nous touchent, comme avec ce couple d'ami dont la voiture refuse de les conduire jusqu'à chez Matthew du fait de son influence négative, avant d'arriver sur des signes très clairs de contrôle avec ce rendez-vous forcé chez le psy' après avoir tenu des propos négatifs sur l'IA ParaDoxa. L'on sent très clairement l'étau se renfermer sur Matthew et c'est d'autant plus flippant que l'on s'imagine forcément à sa place avec une acuité intellectuelle semblable.

Honnêtement, la fin m'a moins touchée mais je crois que c'est surtout parce que je l'ai trouvée assez négative. Non pas que je cherche absolument une fin heureuse mais plutôt que je crois qu'une sorte de compromis avec une éthique des technologies est possible. Franchement, j'espère qu'on n'arrivera jamais dans la même situation que celle qui est décrite à la fin de Deus ex Machina.

 

Malheureusement, je n'ai pas vraiment accroché au personnage de Matthew. Si beaucoup de choses de son quotidien professionnel me sont effectivement familières, je suis clairement bien mieux dans ma vie que lui : j'aime mon travail, j'y vais avec entrain chaque matin (même si je suis rarement à l'heure !), j'adore mon équipes qui sont très clairement devenues des coll-ines (collègues-copines) et avec mon amoureux nous débordons de projets. Son immobilisme m'a assez agacée. Après, il est vrai qu'en avançant dans l'histoire, l'on s'identifie de plus en plus à lui du fait qu'il voit les choses et que l'on s'imagine toujours qu'à la place des personnages, l'on serait forcément dans le "bon" camps ;)

De même, je n'ai pas eu particulièrement d'atomes crochus avec les différents personnages du livre. Tant Clara, la compagne de Matthew, que j'ai trouvé assez fade qu'Epine, la journaliste, qui m'a semblée un peu trop survolée alors qu'elle avait surement pas mal de choses encore à raconter.

 

J'ai trouvé l'écriture de Mauve McWEIL plutôt agréable, malgré cette distance forcée tant par les personnages que par cette thématique technologique. J'ai trouvé intéressante la manière dont elle déroule son histoire montrant la manière dont le piège se referme sur les différents personnages. J'espère sincèrement qu'elle se trompe sur ce possible futur mais il est difficile d'ignorer la part de réalité qui émane de son texte. De par tout ça, Deus ex Machina est une histoire assez particulière, alors je serai clairement curieuse de découvrir l'univers de Mauve McWEIL via un autre de ses écrits : je pense qu'une thématique moins troublante me permettrait de mettre moins de distance avec son histoire.

Une histoire inquiétante qui fait écho à un futur proche.

 

 

[les +] Un regard différent sur l'arrivée des nouvelles technologies, un scénario assez glaçant sur une emprise étonnante

[les -] Des personnages peu sympathiques, une thématique qui pousse à la distance

 

 

Lu dans le cadre de :

Du même auteur :

Service presse - Editions Grimoire & la plume (Simplement Pro)

Repost0
1 février 2026 7 01 /02 /février /2026 06:00
Couverture du livre "Notre petit jeu dangereux" d'Emily BLAINE représentant une veste de costume bleue sur chemise blanche et cravate rouge à motifs de coeurs.

 

 

 

 

Notre petit jeu dangereux
Emily BLAINE

Editions Harlequin (&H) - 2021
ebook (epub) - 104 pages

 

 

 

 

 

 

 

Il n'y a rien entre elle et Lucas et il n'y aura jamais rien. C'est ce dont April essaye de se convaincre depuis des années. Si elle s'autorise à fantasmer en secret, elle a toujours pris soin de garder ses distances dans la vraie vie pour la simple et bonne raison que Lucas est le père de sa meilleure amie. Mais, à cause de l'intervention de cette dernière, voilà qu'il va devenir son patron pour les prochaines semaines estivales. Ce qui implique de croiser son corps de rêve tous les jours dans des costumes de P-DG, qui le rendent particulièrement sexy. Si elle veut continuer à tenir ses bonnes résolutions, April va donc devoir mettre au point une nouvelle stratégie et vite ! Pourtant, quand elle voit l'étincelle de désir dans les yeux de Lucas, elle se demande si le plus grand danger vient d'elle... ou de son nouveau patron.

 

 

La nouvelle session bleue #7.4 du Challenge Bookineurs en Couleurs avait à peine commencé que je cherchais dans ma liseuse une lecture qui pourrait convenir : clairement, c'est donc au pif que je me suis lancée dans Notre petit jeu dangereux puisque c'est le premier livre bleu que j'ai trouvé.

Honnêtement, je suis contente d'être tombée sur ce roman : ça faisait un petit moment que je n'avais pas lu de roman d'Emily BLAINE que j'apprécie beaucoup et, surtout, le livre est on-ne-peut-plus-court avec ses seulement 100 pages. Pour moi qui a assez peu d'énergie en ce moment (même pour lire) ces deux conditions réunies sont juste parfaites.

 

J'ai grandement apprécié cette intrigue qui tourne autour de la différence d'âge dans un couple et de ce que cela peut induire pour les proches de chacun. Ici, c'est d'autant plus croustillant que Lucas n'est d'autre que le père d'Anna, la meilleure amie d'April, mais également le grand boss de la boîte où elle commence sa toute jeune carrière. Je dois dire que j'ai été assez étonnée de ne pas avoir souvenir d'avoir déjà lu une romance traitant de ce sujet... qui est pourtant plus que répandu dans la vraie vie. 

Si le sujet m'a bien plu, j'ai trouvé que l'histoire allait un peu trop vite en besogne à mon goût. On ne voit pas la naissance des sentiments d'April et Lucas - bien qu'on apprend que ça fait un moment qu'ils sont attirés l'un par l'autre - et j'ai trouvé que la phase de séduction était bien courte tant ils se sautent rapidement dessus après s'être avoué leur attirance à demi-mot... Autant dire que ça ne m'a pas semblé des plus crédibles vu la stabilité des deux protagonistes. J'ai trouvé ça dommage parce que j'aurais bien aimé voir la tension monter plus progressivement et profiter davantage de ces moments qui sont finalement assez précieux.

De même, j'ai trouvé le dénouement avec Anna assez rapide. En soit, c'est sans surprise tant on se doute que ça ne peut que bien finir mais, de même, j'aurais apprécié qu'Emily BLAINE nous fasse mariner un petit peu plus longtemps. J'ai également été assez curieuse de ne pas avoir d'échos du côté d'April dont on n'entend pas parler de famille, ne serait-ce que de parents : cette facette de l'histoire aurait également pu être intéressante à développer.

 

April m'a bien plu par son côté sérieux et déterminé : il est clair qu'elle sait ce qu'elle veut et où elle va malgré son jeune âge. Nos 10 ans de différence ne m'ont pas permis de m'identifier à elle, d'autant plus que je n'ai jamais eu de crush comme le sien... J'ai cependant beaucoup apprécié le vent de fraîcheur qu'elle communique tout en cultivant une certaine stabilité.

Lucas est également un personnage intéressant bien qu'il reste assez superficiel : le fait qu'on ne partage pas ses pensées n'aide pas et encore moins le fait que toutes ses employées craquent pour lui sans s'en cacher. Autant dire qu'il ne fait pas particulièrement crédible.

Anna m'a bien plu : elle est pétillante, ouverte et n'hésite pas à tester de nouvelles choses notamment en cuisine au grand dam de ses proches. J'aurais apprécié qu'elle prenne une plus grande place dans cette histoire afin de lui faire profiter davantage de sa spontanéité.

 

Si j'ai apprécié retrouver l'écriture d'Emily BLAINE, j'ai été un peu déçue de sa narration au rythme trop rapide pour moi. Après réflexion, je pense que cette histoire est davantage une nouvelle destinée être publiée en recueil... Je pense que j'aurais préféré la découvrir sous ce format m'évitant cette surprise. Malgré tout, j'ai tout de même passé un agréable moment avec cette petite romance facile à lire.

Une romance éclair sur la différence d'âge.

 

[les +] Un sujet peu abordé, des moments croustillants.

[les -] Un Lucas peu crédible, une narration trop rapide.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #7.1 : Jaune

 

 

Du même auteur :

All I want for Christmas L'amour est très gourmand Les tartines sont meilleures quand on les partage à deux  Mon bonheur entre tes mains Passion sous contrat  Si tu me le demandais Tombée pour toi 
■ Colocs  tome 1 : Colocs (et plus)  bonus 
Dear you acte 1 Intégrale  Les bonus 
■ Les Sharp End  tome 1 : T'embrasser sous la neige tome 2 : Rendez-vous au chalet des coeurs oubliés tome 3 : Veux-tu passer tous tes Noël avec moi ?
■ Toi. Moi. Maintenant ou jamais  épisode 1 Intégrale

Repost0
31 janvier 2026 6 31 /01 /janvier /2026 19:20
Couverture du livre "Mon boss et moi" de Sophie DELENCLOS représentant un homme en costume noir et chemise blanche boutonnant sa veste.

 

 

 

Mon Boss et moi
Sophie DELENCLOS

Editions Harlequin - 2020
ebook (epub) - 398 pages

 

 

 

 

 

 

Poste à pourvoir dès que possible. Passion incluse.

 

C'est grace à la session noire du Challenge Bookineurs en Couleurs que j'ai enfin déterré Mon Boss et moi de ma PAL. Honnêtement, j'avais un peu peur en me lançant dans ce livre : déjà parce que je ne connaissais pas du tout l'auteur mais surtout parce que je trouve ce genre de romance souvent trop clichée ou trop datée...

 

Amour à durée indéterminée - Sophie DELENCLOS

Elizabeth était pourtant sûre d'avoir raté son entretien d'embauche. Faire un sous-entendu érotique à son potentiel futur patron, mais où avait-elle la tête ? D'autant que Tomas Berger-Neuhaus a la réputation d'être glacial. Vraiment, elle ne pensait pas décrocher le poste, jusqu'à ce que Tomas lui annonce la nouvelle. Aurait-il craqué pour elle ? Elizabeth pencherait volontier pour cette possibilité ; dommage, car désormais leur relation se doit de rester strictement professionnelle...

 

 

Pour le coup, j'ai été agréablement surprise par cette première histoire. Il faut dire aussi que j'apprécie de plus en plus à me retrouver face à des héroïnes de romance plus âgées (on se demande bien pourquoi !). Personnellement, ça m'a beaucoup parlé de me retrouver face à Elizabeth qui a déjà eu une vie amoureuse bien rangée auparavant et qui a dû faire une croix sur certains projets importants pour elle.

J'ai vraiment apprécié la voir tenter de nouvelles choses dans sa vie personnelle et notamment de se lancer dans des histoires qui lui font du bien sans qu'elle imagine un avenir commun. Je crois que l'on s'interdit beaucoup de choses quand on est célibataire notamment à cause du regard que l'on porte sur soi en pensant que les autres en feront de même... Spoiler Alert, c'est faux et même si c'était le cas, ça ne les regarde pas. Bref, tout ça pour dire que ça fait du bien de voir une héroïne épanouie dans sa trentaine et dans son lit. 

J'ai apprécié la manière dont l'histoire se construit doucement avec Tomas et dont l'attirance se devine de plus en plus avec les jours qui défilent. C'est plutôt naturel la manière dont ils passent de collègues à intime et les questions qu'ils se posent sur leur devenir. J'ai également trouvé intéressant les différents rebondissements qui rythment leur histoire. Bon, par contre j'ai été assez insensible au tournant dramatique donnant naissance à leur romance et à d'autres éléments que, pour le coup, je n'ai pas du tout trouvés crédibles.

La fin m'a bien plu mais je crois que c'est aussi parce qu'elle me donne espoir sur un point très personnel de ma vie. Je crois que c'est ça aussi l'avantage des héroïnes plus âgées que soi : elles nous rappellent qu'il faut laisser le temps au temps de faire son oeuvre ;)

 

***

 

Campagne de séduction massive - Sophie DELENCLOS

Devenir la compagne officielle d'Adrien, candidat à l'élection présidentielle ? Alice ne s'attendait pas du tout à cette proposition. Si elle a rejoint l'équipe de campagne d'Adrien Savernes, c'est en tant que conseillère. Il n'a jamais été question de devenir le faire-valoir du candidat ! Sauf qu'Adrien est un séducteur et que cette attitude met à mal ses chances de gagner. La solution : Alice doit se faire passer pour sa compagne. Un mensonge qui risque bien de lui briser le coeur...

 

J'ai moins accroché à cette histoire que je n'ai, dans l'ensemble, pas trouvé crédible. Cela dit, elle avait de nombreux atouts dans sa poche pour me plaire mais, pour une fois, l'atrait de célébrité n'ont pas réveillé mes rêves de midinettes (faut dire aussi que je n'ai jamais craqué sur un politicien).

Cela dit, j'ai vraiment trouvé le rythme de cette histoire très exaltant ! Dès que l'on pense que la situation ne pourrait pas être pire, elle le devient. On va vraiment de rebondissements négatifs en rebondissements négatifs et je dois dire que ça a un côté assez addictif. Pour le coup, on se demande vraiment ce qu'il va ensuite se passer et comment Alice va réussir à se sortir de ce tourbier.

Au fond, j'ai apprécié cette histoire sur fond d'image publique, de coup de cœur perdu de vue et de triangle non amoureux. Pour le coup, c'est vraiment le côté héroïque de certains événements qui m'a laissé de côté même si j'ai vraiment apprécié le côté cocasse de certaines situations.

 

Je pense que c'était la première fois que je découvrais l'univers de Sophie DELENCLOS et, même si j'ai eu un peu de mal avec la crédibilité des histoires, j'ai passé un bon moment avec ses deux romances. J'ai vraiment aimé la manière dont elle donne du rythme à sa narration en passant d'un rebondissement à un autre. J'ai également apprécié la sororité de ses personnages qui bénéficient de copines ouvertes et de bons conseils.

Des romances pleines de rebondissements.

 

[les +] Des femmes motivantes, ambitieuses et sincères.

[les -] Certains passages manquent de crédibilité.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #7.1 : Jaune

Repost0
17 mai 2024 5 17 /05 /mai /2024 05:00

 

 

 

 

 

Hazel
Sarah KOSKIEVIC

Editions de la Martinière - 2023
Ebook (Epub) - 181 pages

 

 

 

 

  

 

Une trentenaire désabusée en proie à des idées sombres traîne son autodestruction et morcelle son intégrité dans ses relations amoureuses. Hazel, c'est son nom, s'automutile et se donne à des hommes le temps d'une nuit, comme de petits abandons volontaires qui la dépossèdent d'elle un peu plus à chaque fois.

Jusqu'au jour où elle rencontre Ian.

L'attraction est immédiate, irrépressible. Au rythme du Paris nocturne et des fumoirs de boîtes de nuit, Hazel et Ian se perdent dans une histoire d'amour vouée à l'échec. Jusqu'à sa fin... inattendue.

 

 

J'étais plutôt contente en tirant au sort Hazel de ma Red Book Jar pour cette session rouge du Challenge Bookineurs en Couleurs. Je l'avais eu dans le cadre du Challenge Netgalley 2023 et n'avais pas encore trouvé l'occasion idéale pour le lire : c'est maintenant chose faite !

 

Impossible pour moi de savoir si la comparaison est fondée ou non, tant cela fait des années que j'ai lu ses romans, mais Hazel m'a, d'une certaine façon, fait penser aux livres de Lolita PILLE que j'avais lu adolescente et dont je ne me souviens plus vraiment des histoires si ce n'est qu'elles mettent en scène une certaine décadence. Ce n'est pourtant pas vraiment le cas d'Hazel et de son ami Romain qui n'ont pas l'air très heureux de brûler leur vie par les deux bouts et semblent avoir un certain penchant pour l'autodestruction. Alors, si je ne me suis pas retrouvée dans leur quotidien, l'ambiance un peu lourde est assez envoûtante : je crois que le "sombre" exerce une attraction sur beaucoup d'entre nous sans pour autant que l'on ose franchir ce genre de ligne. C'est clairement du voyeurisme mais bon... nous sommes humains.

L'intrigue amoureuse est assez basique tant on a tous rencontré des histoires impossibles dans des romans mais aussi dans nos vies. Sans forcément avoir vécu exactement la même situation qu'Hazel et Ian, il est plutôt facile de comprendre l'attachement sans retour d'Hazel et la souffrance que cela lui procure. Dans le cas de la jeune femme, cela prend d'autant plus de proportion qu'elle est clairement instable à la base, mais c'est aussi ce qui rend assez addictif ce bouquin tant on a envie de savoir si elle va gagner la partie ou non.

J'ai été moins sensible à l'intrigue en lien avec Romain qui, à mon sens, s'est vraiment perdu en chemin à tenter de plaire à Hazel en oubliant qui il était. Si ce n'est de nous la présenter par un spectre différent, je n'ai pas toujours compris l'intérêt de ces chapitres pour cette histoire.

La conclusion m'a assez perturbée même si elle offre un joli retournement de situation. Il faut dire aussi que je n'ai pas du tout cerné les motivations d'Hazel quant à cet évènement : impossible pour moi de savoir si elle est honnête ou s'il s'agit d'une vengeance.

 

Hazel a vraiment un truc en plus qui la rend envoûtante. C'est clairement le genre de personne sombre qui dégage tant de lumière que l'on a envie de les côtoyer alors que l'on sait, au fond, que ce n'est pas forcément une bonne chose pour nous. C'est d'autant plus mon cas, qu'elle me donne envie de la sauver, un peu à l'image de Romain... même si j'apprend de plus en plus qu'il ne faut pas (c'est à eux de se sauver eux-même) pour ne pas s'abimer, c'est plus facile à dire qu'à faire.

Romain et Ian ne m'ont pas vraiment charmée tant je ne les ai pas trouvés très honnêtes avec eux-mêmes. Ils essayent de se donner le beau rôle alors qu'ils sont finalement assez à côté de la plaque avec Hazel. Si j'ai tout de suite rangé Ian dans la case des gars qui n'en valent pas la peine, j'ai eu une certaine sympathie pour Romain. Je me dis qu'il pourrait être tellement heureux s'il arrivait à tourner la page sans que cela signifie forcément la fin de son amitié avec elle.

 

C'était la première fois que je lisais un roman de Sarah KOSKIEVIC et j'ai vraiment passé un bon moment avec. J'ai aimé le dynamisme de son histoire et la manière d'aller droit au but. J'ai également apprécié le flou artistique de sa narration, qui ne nous explique pas tout et va parfois un peu trop vite mais qui colle parfaitement à l'univers instable d'Hazel et à ses pensées parfois décousue. C'est entraînant, assez fascinant et quelque fois consternant.

Une lecture intrigante.

 

 

[les +] Fascinant et troublant, des personnages qui ne nous ressemblent pas mais que l'on comprend.

[les -] un flou qui pourra gêner certains lecteurs.

Repost0
6 mai 2024 1 06 /05 /mai /2024 05:00

 

 

  

 

Et tu entendras le bruit de l'eau
Sophie JOMAIN

Harlequin (&H) - 2019
Ebook (epub) - 187 pages

 

 

 

 

  

 

Marion Verrier est Fendie Miller. Ou plutôt Fendie Miller est Marion Verrier. Elle ne sait plus trop... Est-elle vraiment devenue cette journaliste assoiffée de scoops que plus rien n'émerveille ? Poussée à bout, Marion craque et décide de s'échapper en baie de Somme. Un bungalow cosy perdu dans la nature pour se retrouver et réfléchir à ce qu'elle va faire de sa vie, voilà tout ce à quoi elle aspire. Mais, au "Bruit de l'eau", Marion découvre qu'elle n'est pas aussi seule qu'elle le pensait ; quelqu'un d'autre a choisi l'écolodge pour s'isoler du monde. Un homme, mystérieux et solitaire, que le destin n'aura de cesse de remettre sur sa route.

 

 

Pour le coup, quand j'ai tiré au sort Et tu entendras le bruit de l'eau de ma Red Book Jar pour la session rouge du Challenge Bookineurs en Couleurs, j'ai vraiment été contente : les livres de Sophie JOMAIN sont toujours l'occasion de passer un joli moment.

 

De l'auteure, j'ai surtout lu deux de ses sagas bit-lit : Felicity Atcock et Les Étoiles de Noss Head. Si j'ai eu l'occasion de lire d'autres de ses romances plus contemporaines, je ne m'attendais pas à découvrir avec Et tu entendras le bruit de l'eau un récit aussi doux. Non pas que son humour m'a manqué mais j'ai trouvé l'histoire de Marion et Ben très ressourçante.

Le contexte professionnelle de Marion m'a particulièrement parlé. Sans être journaliste, j'ai retrouvé dans ce qu'elle vivait dans son travail ce que je viens de traverser dans le mien : le sabotage du management, la perte de sens au travail, le milieu qui ne nous rend plus fières et finalement la démotivation. C'est clairement difficile de prendre du recul sur ce genre de situation et ces vacances "forcées" sont aussi là pour se poser les bonnes questions et aller là où il nous semble juste d'aller. Je me suis donc retrouvée dans ses remises en question, sa volonté de prendre soin d'elle et son envie de retourner vers un milieu professionnel plus sain. Si j'ai été très heureuse de son happy end professionnel, j'attend encore le mien ;)

Je ne me reconnais pas forcément dans le côté célibattante fuyant toute relation de Marion mais son attache envers Ben alors qu'il est clair qu'il ne faudrait pas, tant il n'est pas prêt à rouvrir son cœur, m'a fait écho. Je ne sais pas si l'on passe toutes par ce genre de relation à sens unique mais pour le coup, ça m'a beaucoup parlé de la voir espérer quelque chose qui semble impossible et d'essayer de ne pas tomber amoureuse (alors que dans son cas, c'est déjà trop tard). J'ai donc trouvé intéressant la manière dont tout se délie même si je ne suis pas certaine que ce genre de remise en question arrive dans la vraie vie...

J'ai également beaucoup apprécié la vision critique de notre société que défend Sophie JOMAIN dans son roman. J'ai aimé les thématiques engagées qu'elle aborde, qui passent malheureusement souvent inaperçues. L'air de rien, elle nous sensibilise et nous force à nous poser les bonnes questions sur ces thèmes pas vraiment sexy. Franchement, ça fait du bien de trouver ça dans une romance !

 

J'ai aimé le fait que, dans un premier temps, Marion semble a des années lumières de ma propre vie : avec son indépendance financière assumée, sa vie à cent à l'heure et son refus de s'attacher... il a été difficile pour moi de me reconnaitre en elle dans un premier temps. J'ai d'autant plus apprécié apprendre à la connaître en la voyant se poser et se retrouver lors de ses vacances au "Bruit de l'eau". J'ai aimé qu'elle choisisse un endroit où on ne l'attendait pas et que ce soit le prétexte pour elle de renouer avec ce qu'elle vraiment faire. J'ai trouvé sa transformation aussi douce qu'inspirante. J'ai également aimé son lien à sa famille, aussi pudique que présent, et leur manière de traverser ensemble les épreuves de la vie.

Ben m'a un peu moins séduite mais je pense que c'est aussi parce qu'on le côtoie de plus loin et qu'il en parait donc plus stéréotypé. Il m'a un peu saoulée dans ses contradictions (mais je pense que c'est aussi parce qu'il m'a rappelé quelqu'un ;D). Je l'ai trouvé assez frustrant comme personnage, tant il est fermé et qu'il ne se remet pas en question pour enfin avancer. Pour le coup, une thérapie lui aurait sûrement fait du bien.

 

Cela faisait un bon moment que je n'avais pas lu de roman de Sophie JOMAIN et je suis ravie de renouer avec son univers via Et tu entendras le bruit de l'eau. J'ai aimé le côté à la fois doux et dynamique de cette histoire et son ton plutôt sérieux. Je trouve que la narration laisse vraiment la place à ses personnages tant et si bien que l'on oublie rapidement que ce n'est qu'une histoire. Forcément, les parallèles que j'ai pu faire avec ma propre vie m'ont particulièrement parlés : bref, aujourd'hui, je travaille pour avoir un Happy End à l'image de celui de Marion ;)

Une histoire qui a tout d'une vraie

 

 

[les +] Des remises en question saines, des thématiques engagées

[les -] Un Ben un peu frustrant (mais qu'on aime bien quand même)

 

 

Lu dans le cadre de :

Service presse - Amazon Publishing (Montlake)

Challenge Bookineurs en Couleurs #6.6 : Rouge

Challenge gourmand #20 : Pâtisseries

 

 

Du même auteur :

 Cherche jeune femme avisée  D'un commun accord  Et viva la vida !  Quand la nuit devient jour   Pamphlet contre un vampire 
 Felicity Atcock  tome 1 : Les anges mordent aussi  tome 2 : Les anges ont la dent dure  tome 3 : Les anges sont de mauvais poil

Repost0

Bienvenue & Bonne visite !

 

Lunazione : n.f. (italien)
Intervalle de temps entre deux retours consécutifs de la lune à la même phase.
Soit 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2.8 secondes.



Tous les textes et chroniques publiés sont écrits par moi-même sauf indications contraires.
Merci de me prévenir et de mettre un lien vers mon blog si jamais vous souhaitez utiliser l'un de mes textes, même court.



Merci d'être passé, de m'avoir lu et pour vos petits messages ♥
Bonne visite !

Luna.

 

Catégories

Créations 

•  Mornings & Knit (3)

•  Mornings & Sew (1)

•  Mornings & Pearls (1)

•  Mornings & Tuto (1)

 

Révélations

•  Noons & Tags (5)

 

Films[SOMMAIRE]

•  Afternoons & Films (16)

•  Afternoons & Cinema (14) 

•  Afternoons & Séries (8) 

•  Afternoons & Theatre (2) 

 

Musiques 

•  Evenings & Concerts (6)

 

Livres

[A-B][C-D][E-H][I-L][M-Q][R-U][V-Z]

[PAL] [PROCHAINES LC] [PARTENAIRES]

•  Nights & Books (432)

  Nights & Partnerships (38)

  Nights & LC (45)

  Nights & Challenges (27)

•  Nights & Mondays (54) 

•  Nights & Tuesdays (37) 

•  Nights & Sundays (32)

•  Nights & Concours (2) 

Challenge Bookineurs en couleurs