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5 décembre 2025 5 05 /12 /décembre /2025 06:00
Couverture du livre "Au commencement était...é représentant une peinture rupestre de main.

 

 

 

 

Au commencement était...
Une nouvelle histoire de l'humanité

David GRAEBER

David WENGROW

Editions Les liens qui Libèrent - 2021
752 pages

 

 

 

 

 

 

Depuis des siècles, nous nous racontons sur les origines de l'inégalité une histoire très simple. Pendant l'essentiel de leur existence sur terre, les êtres humains auraient vécu au soin de petits clans de chasseurs-cueilleurs. Puis l'agriculture aurait fait son entrée, et, avec elle la propriété privée. Enfin seraient nées les villes, marquant l'apparition non seulement de la civilisation mais aussi des guerres, de la bureaucratie, du patriarcat et de l'esclavage. Or ce récit pose un gros problème : il est faux.

 

 

Pour une fois, je m'apprête à vous parler d'un livre très différent de ce que j'ai l'habitude de lire et qui m'a été conseillé par un collègue un soir de discussion animée sur le parking de l'entreprise. Brice, mon collègue, a une vision assez différente de la société par rapport à la mienne. Sûrement plus éclairée du faite de ses nombreuses lectures sur le sujet, de son esprit critique aiguisé ainsi que de ses premiers amours en tant qu'ancien professeur d'histoire. J'avoue donc avoir beaucoup de plaisir à l'entrainer dans des discussions pseudo-philosophiques, d'autant plus que j'apprécie le taquiner sur son appréciation parfois "complotiste" des événements actuels ou passés. Bref, tout ça pour dire qu'il m'a parlé du livre, que ça lui a donné envie de le relire, qu'il l'a donc acheté et me l'a prêté de suite.

Là où je suis assez embêtée pour en parler, c'est que j'ai mis un temps fou pour le lire... Je crois qu'il me l'a prêté fin août / début septembre et ce n'est que fin novembre que j'en suis venue à bout. Après, il faut dire aussi qu'il s'est passé de chouettes choses dans ma vie dernièrement qui m'ont un peu éloignée du droit chemin de la lecture, au grand dam de mon amie Mélanie qui comptait sur moi pour lire rapidement son roman avant qu'elle l'envoie à des maisons d'édition. Spoiler alerte : mauvaise amie que je suis, ce n'est toujours pas le cas. Bref, tout ça pour dire que j'ai trouvé cette lecture assez fastidieuse et qu'en mettant autant de temps pour le lire, j'ai eu du mal à entrer / rester dans ma lecture et surtout m'en souvenir au fur et à mesure de mon avancée dans ces lonnnnngs chapitres. L'autre point qui m'embête, c'est que je me demande bien où j'ai pu le ranger pendant mes vacances pour éviter que le chat n'aille le mâchouiller : Brice risque donc d'attendre encore un peu avant de le retrouver.

 

Tout ça pour dire que je ne suis pas certaine d'être donc la meilleure placée pour vous en parler tant je ne suis pas une initiée de ce genre de lecture et que mon regard scientifique m'a laissée assez hermétique aux tentatives des auteurs pour changer mon regard sur le monde. Clairement, là où Brice voit une critique de la société actuelle en proposant un mode de vie anarchique (c'est à dire sans autorité) fonctionnel, j'ai apprécié découvrir des modes de vie alternatifs, passés ou contemporains, offrant une vision différente des possibilités des sociétés. 

En effet, Au commencement était... offre une réelle variété d'exemple pour remettre en question notre vision assez simpliste de la société et de ses débuts avec les chasseurs-cueilleurs égalitaires ayant évolué vers des sociétés commerciales civilisées et très hiérarchisées. Les auteurs nous offrent un véritable catalogue, d'une richesse impressionnante, sur la diversité d'organisation sociale nous prouvant que nous ne manquons pas du tout d'imagination en général mais aussi dans la création de sociétés et de systèmes politiques. J'ai beaucoup aimé cette idée qu'il n'existe pas de forme originale des sociétés humaines et qu'il fut un temps où, si on ne se retrouvait pas dans un modèle social, il suffisait d'aller voir ailleurs si cela nous convenait d'avantage.

J'ai apprécié ce travail colossal de vulgarisation de travaux scientifiques. J'ai tout l'impression de l'évolutionnisme est devenue une thématique confidentielle en perdant de la visibilité et ai donc apprécié en savoir davantage. J'ai également aimé la vision plus "américaine" de ces recherches faisant références à de nombreux auteurs outre-Atlantique qui m'ont semblés assez méconnus en France (et peu traduits). Je pense notamment aux chercheurs d'origine amérindienne qui portent fatalement un regard assez différent du notre sur leur histoire, la colonisation et les échanges qui en ont découlés.

 

Là où je suis plus frileuse, c'est que je n'ai pas retrouvé la rigueur scientifique que je cherchais en ouvrant un bouquin comme celui-ci et que cela à clairement joué dans la confiance que j'ai accordée aux auteurs. Je n'ai pas retrouvé le scepticisme scientifique qui est le propre de cette démarche et me suis heurtée à un biais idéologique assez flagrant tourné vers le féminisme, l'anticolonialisme et l'anarchie : si je partage certaines idées, ce n'est pas la neutralité que je souhaitais retrouver dans un livre qui se veut sociologique.

J'ai donc réellement gardé un oeil critique tout au long de ma lecture, n'hésitant pas à aller regarder les sources identifiées afin de mieux comprendre ou d'approfondir les éléments mis en lumière. J'étais assez sur mes gardes en voyant certaines affirmations absurdes et sans fondements scientifiques ainsi que le peu de noms cités. A travers mes recherches complémentaires, j'ai eu la désagréable impression qu'ils se sont appropriés certaines visions en les déformant pour mieux les critiquer. De même, en m'intéressant à ce que les initiés du domaine pensaient de cette lecture, j'ai été alertée sur le fait que les auteurs auraient auto-décrété des consensus sur des thématiques encore en débat et auraient éliminé pas mal de visions allant contre leur thèse en s'interressant uniquement à des auteurs antérieurs aux années 1950. Bref, au fur et à mesure de mes lectures complémentaires ma confiance dans les deux David s'est amoindrie.

 

Sans parler de ma lenteur du fait de ces recherches complémentaires, j'ai trouvé Au commencement était... assez pénible à lire du fait de son manque de cadre. Les deux auteurs ouvrent de nombreuses parenthèses, voire même des parenthèses dans la parenthèse, donnant à leur livre un aspect fourre-tout et sans structure, me donnant régulièrement l'impression de tourner en rond.

L'écriture est assez confuse et manque de narration : je pense qu'ils auraient réellement gagné à sélectionner et organiser les exemples en tentant une approche allant davantage à l'essentiel. Au commencement était...  est clairement un pavé mais c'est avant tout du fait de ses détours désordonnés.

Intéressant à condition de garder un oeil critique.

 

[les +] Une variété d'exemple assez incroyable.

[les -] L'absence de rigueur scientifique.

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25 août 2025 1 25 /08 /août /2025 05:00

 

 

 

 

 

 

Et viva la vida !
Sophie JOMAIN

Editions France Loisirs - 2024
293 pages

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque Marnie rencontre Fran, elle est loin de se douter qu'être mal dans sa peau sera bientôt de l'histoire ancienne. Fran s'est réconciliée avec son propre corps il y a longtemps et, à son contact, Marnie va découvrir qu'il est possible de ne rien s'interdire. Le défi est lancé : du Mont-Saint-Michel jusqu'aux frontières de la Belgique, les deux amies vont entreprendre un road trip durant lequel Marnie devra réaliser tout ce qu'elle n'a jamais osé faire. Avec son lot de surprises, de secrets bien gardés et de destins qui s'entremêlent, Et viva la vida ! : est une histoire entre rires er larmes pour aller à la reconquête de soi.

 

 

C'est un peu par hasard que j'ai lu ce livre. En cherchant ma prochaine lecture jaune, je l'ai aperçu dans une de mes trop nombreuses piles de bouquins et j'ai décidé sur un coup de tête que ce serait lui : je ne l'avais même pas mis dans ma mini PAL de la session jaune #7.1 du Challenge Bookineurs en Couleurs, alors qu'il en avait clairement sa place.

 

Je dois dire que je ne m'attendais clairement pas à ce que ce livre fasse autant écho à ma vie que ça. Je l'avais surtout acheté pour son auteure et le résumé ne m'avait pas vraiment permis de comprendre exactement ce qu'il en retournait. J'ai donc été surprise de me retrouver face à une héroïne qui me ressemble autant, tant par son physique que par son comportement au travail. Nos histoires sont différents et je suis heureuse que la trentaine ai effacé la totalité de mes complexes d'adolescente, ce qui n'est pas malheureusement pas le cas de Marnie. 

Toujours est-il que ça m'a fait du bien de lire un livre qui parle de l'obésité sans jugement. Les gens s'imagine toujours qu'on est gros parce qu'on mange trop et qu'on ne fait pas assez de sport, ce qui est loin d'être le cas de bon nombre d'entre nous dont la prise de poids est uniquement un symptôme hormonal d'une pathologie. Bref, gardez vos conseils pour vous si on ne vous demande rien : c'est le meilleur moyen de faire des dégâts sur le mental de vos interlocuteurs (et ça vaut pour tous les sujets, parentalité comprise 0:D). Tout ça pour dire que ça m'a fait du bien de rencontrer Marnie et Fran dans un environnement bienveillant : on s'inquiète toujours du regard des autres, mais il est clair que le notre fait souvent bien plus mal.

J'ai trouvé excellente l'idée de ce road trip pour dépasser les limites que s'impose Marnie. J'ai toujours aimé partir en vacances "à l'aventure" sans trop savoir ce que l'on va exactement faire ni où aller : ça fait du bien de suivre ses envies par moment et ça rend nos vacances que meilleures encore ! Il n'y a vraiment que de bonnes ondes qui sont liées à ce périple sur la côte, riche en découverte de soi et découverte "tout court" : c'est vraiment feel-good et nous donne le sourire malgré les questionnements de Marnie.

J'ai également apprécié suivre en parallèle l'histoire de Paquita dont on devine assez facilement l'identité. Elle est d'autant plus touchante qu'elle met en lumière que l'on montre bien ce qu'on veut aux autres et que ça ne reflète pas toujours ce que l'on ressent réellement à l'intérieur. L'histoire de Paquita m'a particulièrement touchée, d'autant plus qu'elle n'a rien à voir avec l'obésité, qu'elle aborde l'attachement anxieux en amour qui nous pousse à nous oublier (ainsi que nos valeurs) pour quelqu'un qui n'en vaut pas du tout la peine. Je crois qu'on a toutes vécu ça un jour alors l'on ne peut que regarder avec tendresse ce qui arrive à la jeune femme.

Cependant, lors de ma lecture de ce livre, il y a deux petites choses qui m'ont chagrinée. J'ai été un peu gênée par la manière dont l'obésité a été romancée : certes, être gros ne doit pas nous mettre de barrières et nous empêcher de faire des choses mais, physiquement, ce n'est pas toujours réaliste. Un exemple tout bête : ce qui empêche de porter des shorts n'est pas tant le regard des autres que les frottements des cuisses provoquant des brûlures gênant par la suite les mouvements. L'autre point qui m'a fait hurler (littéralement, oui !) c'est la confusion entre nutritionniste et diététicien qui porte préjudice à ces derniers dans ce roman. C'est mon premier métier, qui est souvent jugé car confondu avec les pratiques proches du charlatanisme de nombreux coachs "nutritionnistes", alors je tiens à rendre justice à mes collègues. Il n'y a pas besoin d'avoir fait des études en nutrition ou en médecine pour être nutritionniste, c'est juste une appellation pour préciser votre domaine d'excercice. Tout le monde peut être nutritionniste, même si vous n'y connaissez rien (ce qui est le cas de bon nombre de coach sur les réseaux sociaux qui recommandent des pratiques dangereuses). Par contre, les diététiciens ont le seul diplôme en nutrition et diététique reconnu en France (super difficile à avoir d'ailleurs : 29% de réussite nationale mon année, pour vous dire !) et sont les seuls à être habilités à prendre en charge diététiquement ou à donner des conseils nutritionnels hors adultes bien portants. Cela veut dire que les nutritionnistes, coachs et toute profession paramédicale ne sont pas autorisés à parler alimentation avec des enfants, des personnes âgées et - surtout - des personnes en surpoids ou souffrant d'une pathologie. Cependant, n'étant pas médecins, les diététiciens n'ont pas le droit de prescription. Donc, pour en revenir au roman, ce n'est pas un diététicien qui a pu prescrire un coupe faim à Marnie lui engendrant par la suite ses troubles du comportement alimentaire mais un médecin (qui visiblement n'avait jamais étudié la diététique - comme beaucoup). Bref, aller voir des diététiciens (d'autant plus qu'ils sont pris en charge par bon nombre de mutuelles de santé) : ils savent de quoi ils parlent, eux ;)

La conclusion m'a bien plu : elle est douce et donne de l'énergie positive. Ça fait du bien de voir que les filles ont retrouvé foi en l'avenir mais je l'ai trouvée peut-être un peu trop attendue : c'était sûr que ça allait se finir comme ça et j'aurais peut-être aimé quelque chose de plus nuancé, comme dans la vraie vie.

 

J'ai beaucoup aimé rencontrer Marnie. C'est tout bête mais j'ai apprécié qu'elle ait des fesses et pas de seins (comme moi ;D). Je ne me suis pas vraiment reconnue dans ses complexes - je ne suis pas certaine d'en avoir en vrai - mais il est clair que je me mets des barrières sur d'autres choses alors ses limites ont trouvé un écho en moi. J'ai aimé sa douceur et son dévouement au travail et pour ses proches. J'ai également apprécié sa relation avec Eliott qui met des étoiles dans les yeux.

Fran m'a également beaucoup touchée tant elle a l'air d'un roc alors qu'elle est finalement tout le contraire. Si elle a appris à se blinder face aux autres, à l'intérieur, c'est un tsunami d'émotion tant elle a besoin d'être aimée des autres. Je crois qu'on a tous beaucoup à apprendre d'elle (et un gros calin à lui faire également).

 

J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture de Sophie JOMAIN qui réchauffe les cœurs. Ça se sent que c'est un sujet qui lui tient à cœur même si - et surement à tord (vu qu'on est tous concernés par les variations de poids) - j'ai eu l'impression lors de ma lecture qu'elle ne savait pas vraiment de quoi elle parlait. Cela ne m'empêche pas d'apprécier la bienveillance et la pétillance de son écriture qui nous donne envie d'oser de nouvelles choses !

Une lecture feel-good sans jugement sur la maladie

 

[les +] Des femmes motivantes, pétillantes qui nous donnent envie d'oser.

[les -] Un regard un peu faussé sur l'obésité et ses soignants.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #7.1 : Jaune

 

 

Du même auteur :

 Cherche jeune femme avisée  D'un commun accord  Et tu entendras le bruit de l'eau  Quand la nuit devient jour   Pamphlet contre un vampire 

 Felicity Atcock  tome 1 : Les anges mordent aussi  tome 2 : Les anges ont la dent dure  tome 3 : Les anges sont de mauvais poil

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24 août 2025 7 24 /08 /août /2025 05:00

 

 

 

 

Héroïnes
Sarah-Jane STRATFORD

Editions Belfond - 2020
428 pages

 

 

 

 

 

 

Avec pour toile de fond le milieu du cinéma des années 1950, un roman passionné, plein d'aventures, de fougue et d'amitié, qui fait souffler un vent de liberté et de sororité sur un épisode peu connu de l'Histoire.

Alors que la Peur rouge s'abat sur l'ensemble des État-Unis, Phoebe Adler, talentueuse scénariste, est brutalement bannie de Hollywood. La cause ? Ses supposées accointances communistes, vraisemblablement le fruit des affabulations d'un collègue jaloux. Face à la menace d'un procès inique, la jeune femme se retrouve contrainte d'abandonner sa sœur malade et d'émigrer de l'autre côté de l'Atlantique.

Mais, au lendemain de la guerre, trouver du travail dans un Londres entièrement à reconstruire n'es pas chose facile. Jusqu'au jour où le chemin de Phoebe croise celui d'Hannah Wolfson. Productrice américaine, elle-même victime de dénonciations, Hannah a décidé d'offrir son aide aux artistes blacklistés.

Ensemble, les deux femmes jurent de prendre leur revanche, non seulement sur le maccarthysme, mais aussi sur le sexisme qui règle dans les studios. Duo de choc, de talent et de charme, Phoebe et Hannah voient leurs voeux exaucés au-delà de leurs rêves... Avant de réaliser que la chasse aux sorcières ne connaît pas de frontières et que leur sanctuaire anglais est loin d'être sans danger.

 

 

Sans surprise, c'est également chez Noz que j'avais croisé Héroïnes avant de l'embarquer devant les avis positifs lus sur Livraddict. Même si le résumé est plutôt alléchant, c'est assez loin de ce que je peux lire habituellement. Alors, j'ai été (presque) étonnée de le sortir aussi facilement de ma PAL dans le cadre de la session #7.1 Jaune du Challenge Bookineurs en Couleurs.

 

Bizarrement, j'ai tout de suite été happée par cette histoire. "Bizarrement" car, comme je le disais un peu plus haut, Héroïnes n'a pas grand chose à voir avec mes lectures habituelles. D'autant plus que, je n'avais pas spécialement eu connaissance de cette chasse aux sorcières et de ce que cela avait impliqué pour les américains accusés de communisme.

Je crois sincèrement que c'est l'innocence de Phoebe et cette injustice profonde qui m'a tenue en haleine pendant tout le livre. On se doute que c'est son talent qui a attiré les convoitises - d'autant plus que c'est une femme - et qui la mise indirectement en danger. Pour le coup, c'est juste... révoltant. J'ai apprécié la voir prendre le taureau par les cornes pour s'offrir la vie dont elle a toujours rêvée et de faire en sorte que ça marche pour elle. Si elle a eu la chance qu'on lui souffle le nom des bons contacts à Londres, il faut reconnaitre qu'elle sait se vendre et qu'elle travaille dur pour. Tout déracinement est compliqué et celui de Phoebe m'a particulièrement touchée du fait de son lien avec sa sœur Mona, gravement malade, qu'elle sait donc qu'elle ne reverra probablement jamais mais qui lui donne une force incroyable.

J'ai aimé le fait que le livre soit tourné vers son accomplissement et celui de Hannah. Toutes les deux sont fortes et indépendantes, assez loin de l'image que l'on peut se faire des femmes des années 50 (quoique quand on a connu ma petite Mamy ♥...). D'ailleurs, ça m'a perturbée de me dire que les filles de Hannah ont l'âge de mes parents alors qu'elles sont si petites ! Je trouve que ça fait du bien de voir des héroïnes qui réussissent par elles-mêmes, indépendantes des hommes (même si le mari d'Hannah a joué, dans le passé, un rôle financier) : on sent qu'elles s'accomplissent avant tout elles-mêmes plutôt que d'être l'ombre de quelqu'un et ça fait du bien.

J'ai cependant apprécié l'histoire d'amour entre Phoebe et Reg. Elle n'est pas littéralement conventionnelle tant elle vient avec le temps et l'apprentissage l'un de l'autre... et ça fait du bien tant c'est doux et progressif. J'ai aimé que Phoebe ne soit pas considérée comme une vieille fille malgré l'approche de la trentaine et qu'elle ne soit pas à la recherche d'un mari : je trouve que ça donne d'autant plus de force à leur rencontre et aussi de l'espoir aux trentenaires célibataires ;)

 

Si je ne me suis pas particulièrement reconnue dans Phoebe qui est à la fois "trop" et pourtant un peu naïve, j'ai apprécié sa combativité et la fougue qu'elle met pour accomplir ses rêves. C'est une vrai battante qui sait bien s'entourer et profiter des conseils que chacun lui donne : je crois que c'est sa vraie force pour réussir tant elle sait mettre son égo de côté et écouter ce qu'on peut lui apporter.

J'ai trouvé son lien avec Mona très beau. Toutes les deux m'ont beaucoup amusées avec leur blague et leurs piques pleine de tendresse. Mona est rayonnante et sait donner de l'énergie aux autres pour qu'ils puissent sortir des sentiers battus. J'ai trouvé impressionnant sa manière de vivre ses rêves par procuration.

J'ai également apprécié le personnage de Hannah, ses convictions et sa manière de rester droite dans ses bottes. Elle est d'une grande force et n'oublie jamais sa ligne directrice. Je me suis reconnue un peu en elle, quand un pan de sa vie s'écroule et qu'elle y fait face sans trembler et avec dignité. J'ai eu un peu peur qu'elle s'oublie mais je la sais capable de tout gérer. Je trouve que ça fait du bien de savoir qu'elle a vraiment existée.

 

C'était la première fois que je découvrais l'écriture de Sarah-Jane STRATFORD et j'ai vraiment passé un bon moment avec son roman. J'ai aimé son ton engageant qui donne le tempo à cette histoire et ses personnages qui savent exactement ce qu'ils font. J'ai aimé la neutralité, sans jugement des opinions politiques de chacun, qui nous permettent vraiment de nous centrer sur l'essentiel et donc les atouts des différents personnages. Par contre, je pense que ce côté factuel gomme certaines émotions qui auraient pu donner un côté plus addictif à cette histoire.

Des personnages forts pour une drôle de période Historique.

 

[les +] Des femmes motivantes, de la sororité et de l'ambition.

[les -] Peut-être trop factuel dans l'écriture.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #7.1 : Jaune

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22 août 2025 5 22 /08 /août /2025 05:00
Couverture du livre 'La Bibliothèque des citrons" de Jo Cotterill édité chez Fleurus. La couverture est jaune et présente des citrons.

 

 

 

 

La Bibliothèque des citrons
Jo COTTERILL

Editions Fleurus - 2017
360 pages

 

 

 

 

 

 

Calypso est une jeune fille solitaire. Depuis la mort de sa mère, son père est absorbé par l'écriture de l'oeuvre de sa vie, une grande histoire des citrons et elle se réfugie dans la lecture des nombreux livres de sa bibliothèque...

Mais quand Calyspo rencontre Mae, une nouvelle de sa classe, sa vie bascule dans l'inconnu ! L'orpheline fait l'expérience de l'amitié, des délices de l'écriture et aussi d'une famille joyeusement chaotique où l'on aime bien se disputer. Plus heureuse qu'elle ne l'a été depuis longtemps, Calypso découvre alors un étonnant secret sur son père et les événements se précipitent.

 

 

Cela fait maintenant un petit moment que j'ai ce livre dans ma PAL. Il m'avait tout de suite attiré avec sa couverture pepsi quand je l'avais vu chez Noz et, comme les avis Livraddict étaient plutôt bons, je l'avais embarqué. C'est donc cette première session #7.1 Jaune du Challenge Bookineurs en Couleurs qui m'a donné le bon argument supplémentaire nécessaire pour l'en sortir.

Honnêtement, j'ai été déstabilisée en l'ouvrant : au vu de la mise en page, je m'attendais à une histoire jeunesse, mais pas à ce point... Ici, c'est clairement adressé à une cible de 10-12 ans. Sans compter que la couverture jaune me laissait penser à une histoire dynamique et joyeuse alors qu'elle est finalement lourde de sens.

 

En effet, l'ambiance est assez spéciale. On sent tout de suite que la famille de Calypso est dysfonctionnelle et que la petite fille est trop mature pour son âge et s'occupe de choses à la maison qu'elle ne devrait pas. Mais pourtant, ça ne nous empêche pas de trouver du sens et de l'amour entre elle et son papa dans les premiers chapitre malgré cette ambiance un peu bizarre qui m'a apporté plus de tristesse que d'inquiétude.

Alors, forcément, l'arrivée de Mae fait du bien. Elle apporte comme un ras-de-marée de positivisme dans la vie de Calypso et chamboule pas mal de petites choses au fur et à mesure qu'elles apprennent à se connaître et que Calypso passe du temps dans sa famille. C'est très plaisant de la voir se faire une amie, s'ouvrir aux autres et parler lecture avec quelqu'un de son âge.

J'ai été étonnée de la manière dont tout se retrouve aussi facilement bouleversé quand les assistantes sociales entrent en jeu. Quand on entend ce genre d'histoire dans la vraie vie, on a toujours l'impression que tout va trop vite ou au contraire pas assez. Ici, j'ai trouvé le ton très juste : si elles interviennent vite, elles ne retournent pas non plus la vie de Calypso mais mettent vraiment des choses en place pour lui permettre de vivre son enfance et à son papa d'exprimer la tristesse accumulé avec la mort de Coral, la maman de Calypso. J'ai aimé cette intelligence sociale qui ne condamne pas mais aide vraiment à ce que chacun retrouve sa place.

La fin est plutôt douce bien que l'on sache qu'il y a encore du travail à faire. Elle donne espoir en un avenir plus serein tant pour Calypso que son papa, que l'on sent dorénavant tous les deux bien entourés.

 

Calypso est une petite fille de 10 ans 1/2 qu'il est parfois un peu difficile de cerner. On sent qu'elle essaie de faire preuve au mieux de sa "force intérieure" dans la vie quitte à s'oublier. J'ai aimé son amour sincère des livres et la manière dont elle accepte son papa, avec ses bizarreries, sans jugement alors qu'elle est à un âge où l'on commence à avoir honte de tout.  Si elle n'est pas très sociable, elle est a l'écoute des autres et pleine de ressources, sans oublier ses conseils lectures : il y a moyen de se constituer une jolie PAL en sa compagnie.

Mae m'a également beaucoup plu avec le tourbillon de positivité qu'elle génère. C'est vraiment une petite fille pétillante et à l'écoute de ses émotions. La fille d'une de mes collègue s'appelle pareille et j'ai vraiment eu l'impression que c'était les mêmes ! Toutes les deux ne mettent pas de limite à leurs rêves et assument d'être bien dans leurs baskets et ça fait du bien.

La maman de Mae m'a beaucoup impressionnée, notamment quand elle prend des décisions difficiles lorsqu'elle se rend compte que la situation de Calyspo n'est pas saine. Elle le fait avec bienveillance, dans l'écoute de chacun et c'est surement pour ça aussi que tout se passe aussi bien. J'ai aimé son amour des beaux tissus et de la couture : ça nous fait au moins un point commun et j'espère clairement que je serais un jour une maman aussi chouette qu'elle.

Le père de Calypso m'a également beaucoup touchée. Il a un petit côté Professeur Tournesol avec sa manie des citrons, ce qui le rend flippant tout en restant inoffensif : on sent de la gentille folie en lui, tant il est triste sans oser l'exprimer depuis la mort de sa femme. J'ai été mal à l'aise à plusieurs moments en le voyant perdre pied du fait de son traitement mais les dernières pages m'ont clairement rassurées.

 

C'est le premier livre de Jo Cotterill que je découvre et pour le coup, je l'ai lu d'une seule traite. J'ai trouvé le ton très juste, dynamique et sans jugement. J'ai trouvé ce choix de thématique assez intéressant pour un jeune public, tant il est difficile à percevoir alors que finalement beaucoup de famille sont concernées. Jo Cotterill le fait avec beaucoup de tact, sans nier la réalité. J'ai aimé la bienveillance que l'on sent derrière ses mots qui nous dit de ne pas nous inquiéter, que le meilleur reste à venir ;)

Des questions de société abordées avec douceur.

 

[les +] Un sujet difficile abordé avec bienveillance, un ton juste et doux.

[les -] Je ne m'attendais vraiment pas à ce que ce soit si jeunesse.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #7.1 : Jaune

Challenge Gourmand #22 : Oeufs

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21 août 2025 4 21 /08 /août /2025 05:00
Couverture du livre "Evelyn, May et Nell : pour un monde plus juste" de Sally Nicholls représentant une jeune suffragette tenant une pancarte dans ses mains.

 

 

 

 

 

Evelyn, May et Nell : 
Pour un monde plus juste
Sally NICHOLLS

Editions Hatier - 2019
448 pages

 

 

 

 

 

 

Février 1914. Un groupe de jeunes femmes milite à Londres pour que le droit de vote leur soit accordé. Parmi elles, Evelyn, May et Nell. Pour ces trois adolescentes aux trajectoires différentes, avenir rime avec espoir. Mais sur le chemin de la liberté, un obstacle de taille : la Grande Guerre éclate. Les suffragettes obtiendront-elles gain de cause ou leur combat sera-t-il reporté une fois encore ?

 

 

Encore une fois, c'est chez Noz que j'ai trouvé ce roman il y a quelques mois (voir un peu plus encore...). J'étais assez curieuse de le découvrir - d'autant plus que les avis étaient globalement bons sur Livraddict - mais je crois qu'il me faisait un peu peur. Je ne suis pas du tout familière des actions des suffragettes et ne savais donc pas trop à quoi m'attendre...

Si j'ai apprécié ma lecture et suis rentrée assez facilement dedans, il m'a tout de même fallu plusieurs semaines pour en venir à bout. Pour le coup, je ne pense pas que ce soit dû à cette histoire ou à son écriture mais plutôt au changement de rythme lié à la reprise du travail et à quelques changements dans ma routine quotidienne.

 

J'ai bien aimé que l'on suive trois héroïnes issues de milieux sociaux différents et nous donnant ainsi une vision plus large du militantisme Londonien pour le droit de vote des femmes. Elles n'ont pas la même vie, pas les mêmes objectifs personnels mais se retrouvent dans leur volonté de changer la place accordée aux femmes dans la société.

J'ai cependant regardé avec un peu de distance les moyens que se donnent les suffragettes pour parvenir à leur fin. S'il est clair que les autorités n'ont aucun scrupule à faire preuve de force avec elle, j'ai été étonnée que certaines femmes rejoignent les rangs des suffragettes, entre autre, pour leur amour de la castagne. Il en va de même avec les sacrifices personnels que certaines sont prêtes à faire comme les grèves de la faim en cas d'emprisonnement ou encore leur refus de payer leurs impots pouvant avoir des conséquences dramatiques sur leur foyer. J'ignorais totalement l'aspect économique de ce mouvement et notamment le fait qu'elles ont pu donner un travail décent à des femmes leur permettant de faire vivre leur famille. Si j'avais conscience de leur courage et du bien qu'elles ont fait à notre société, je n'ai pas souvenir d'avoir appris à l'école la manière dont elles avaient réussi à faire changer les lois : bien sûr, ce livre se passe en Angleterre 25 ans avant que le droit de vote soit accordé aux françaises, mais les différents mouvements européens étant liés entre eux, j'imagine que les suffragettes, quelques soit leur origine, ont vécu des événements similaires. A travers cette lecture, j'ai été admirative de nos aïeules qui sont su se battre pour nous permettre de prétendre aujourd'hui à une certaine égalité.

Grace à May et Nell, on découvre également une facette de l'homosexualité féminine au début du 21e siècle. J'ai trouvé ça assez cliché de retrouver cette thématique dans un cadre de lutte féministe - même si ça reste important d'en parler -, par contre, j'ai été étonnée que ce soit "normalisé" alors que je trouve la société d'aujourd'hui dure avec les femmes qui aiment les femmes. En effet, May explique clairement que « c'était le genre de chose qui arrivait quand on était à l'école et qu'on ne connaissait pas de garçons ; et que, plus tard, quand on rencontrait son mari, ces sentiments étaient remplacés par quelque chose de "vrai". »

J'ai davantage été happée par l'histoire à l'arrivée de la première guerre mondiale même si je regrette que la chronologie ne soit pas davantage explicitées dans ce roman : on a l'impression que ces années étaient en fait des mois, ce que j'ai trouvé très troublant. De même, j'ai été étonnée que son arrivée change totalement les aspirations des trois filles et qu'elles en oublient presque le droit de vote des femmes. J'ai vraiment été touchée par ces passages où honneur se mêle à horreur : c'est assez terrible de regarder ces adolescents pressés de rejoindre le front quand on sait ce qu'il s'y est passé... Aucun doute que tous ces jeunes ont fait preuve de bien plus de courage et d'abnégation que beaucoup en seraient capable aujourd'hui.

 

Si Evelyn, Nell et May m'ont touchée, je ne me suis identifiée à aucune d'entre elles : je ne me suis pas vraiment reconnue dans leur caractère ou leur motivation.

Evelyn est probablement celle dont je me suis sentie la plus proche du fait de son amour des livres et sa volonté d'aller étudier à Oxford. Je l'ai trouvée d'une force impressionnante, que ce soit d'assumer son militantisme jusqu'à se retrouver derrière les barreaux, ou à tenir son foyer debout en courant partout une fois Teddy revenu du front en piteux état. J'ai aimé sa combativité et tout l'amour qu'elle donne à ses proches même si elle s'en oublie parfois. Pour le coup, j'aurais apprécié avoir un dernier chapitre sur elle et Teddy : j'aimerais bien la savoir maman dans quelques années.

May m'a moins touchée du fait de son côté "je sais tout" et de sa manière de détourner les arguments et de ne pas laisser le bénéfice du doute aux autres. Elle est tellement certaine de ses idées qu'elle prend de haut beaucoup de personne... J'ai apprécié la voir s'adoucir avec le temps, encourager Nell à aspirer à des projets personnels et comprendre de ses erreurs. Je pense qu'elle a beaucoup à partager mais qu'il faut qu'elle apprenne à le faire plus sainement.

Nell est clairement ma chouchoute de ce livre avec sa différence affirmée et sa manière de ne pas être à l'aise dans bon nombre de situation. On sent qu'elle se bat pour le meilleur pour sa famille, qu'elle se démène vraiment pour que ça fonctionne et qu'ils sont vraiment proches les uns des autres malgré leurs chamailleries. Elle m'a vraiment beaucoup touchée, on sait qu'elle le détesterait mais elle m'a clairement donné envie de la protéger.

 

C'était la première fois que je lisais un livre de Sally Nicholls et elle m'a rendu plutôt curieuse de découvrir d'autres de ses écrits d'autant plus qu'elle y explique, à la fin, ce qui est vrai de ce qui a été modifié et ses sources d'inspirations pour cette histoire. Si on voit de temps en temps une bibliographie, c'était bien la première fois que je vois une auteure expliquer clairement où elle a pioché tel événement ou idée. Pour le coup, ça m'a réellement donné confiance en elle. J'ai trouvé intéressant et touchant la manière dont elle romance l'Histoire même si je suis un peu restée sur ma faim par moment. Le ton est entrainant, spontané et clairement dans l'action : ça fait du bien d'avoir des héroïnes qui se s'apesantissent pas sur leur sort mais prennent leur vie en main.

Une agréable découverte.

 

[les +] Plusieurs voix complémentaires, une vision romancée et abordable de l'Histoire des femmes.

[les -] J'aurais apprécié en savoir plus par moment.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #7.1 : Jaune

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Lunazione : n.f. (italien)
Intervalle de temps entre deux retours consécutifs de la lune à la même phase.
Soit 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2.8 secondes.



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