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17 mai 2024 5 17 /05 /mai /2024 05:00

 

 

 

 

 

Hazel
Sarah KOSKIEVIC

Editions de la Martinière - 2023
Ebook (Epub) - 181 pages

 

 

 

 

  

 

Une trentenaire désabusée en proie à des idées sombres traîne son autodestruction et morcelle son intégrité dans ses relations amoureuses. Hazel, c'est son nom, s'automutile et se donne à des hommes le temps d'une nuit, comme de petits abandons volontaires qui la dépossèdent d'elle un peu plus à chaque fois.

Jusqu'au jour où elle rencontre Ian.

L'attraction est immédiate, irrépressible. Au rythme du Paris nocturne et des fumoirs de boîtes de nuit, Hazel et Ian se perdent dans une histoire d'amour vouée à l'échec. Jusqu'à sa fin... inattendue.

 

 

J'étais plutôt contente en tirant au sort Hazel de ma Red Book Jar pour cette session rouge du Challenge Bookineurs en Couleurs. Je l'avais eu dans le cadre du Challenge Netgalley 2023 et n'avais pas encore trouvé l'occasion idéale pour le lire : c'est maintenant chose faite !

 

Impossible pour moi de savoir si la comparaison est fondée ou non, tant cela fait des années que j'ai lu ses romans, mais Hazel m'a, d'une certaine façon, fait penser aux livres de Lolita PILLE que j'avais lu adolescente et dont je ne me souviens plus vraiment des histoires si ce n'est qu'elles mettent en scène une certaine décadence. Ce n'est pourtant pas vraiment le cas d'Hazel et de son ami Romain qui n'ont pas l'air très heureux de brûler leur vie par les deux bouts et semblent avoir un certain penchant pour l'autodestruction. Alors, si je ne me suis pas retrouvée dans leur quotidien, l'ambiance un peu lourde est assez envoûtante : je crois que le "sombre" exerce une attraction sur beaucoup d'entre nous sans pour autant que l'on ose franchir ce genre de ligne. C'est clairement du voyeurisme mais bon... nous sommes humains.

L'intrigue amoureuse est assez basique tant on a tous rencontré des histoires impossibles dans des romans mais aussi dans nos vies. Sans forcément avoir vécu exactement la même situation qu'Hazel et Ian, il est plutôt facile de comprendre l'attachement sans retour d'Hazel et la souffrance que cela lui procure. Dans le cas de la jeune femme, cela prend d'autant plus de proportion qu'elle est clairement instable à la base, mais c'est aussi ce qui rend assez addictif ce bouquin tant on a envie de savoir si elle va gagner la partie ou non.

J'ai été moins sensible à l'intrigue en lien avec Romain qui, à mon sens, s'est vraiment perdu en chemin à tenter de plaire à Hazel en oubliant qui il était. Si ce n'est de nous la présenter par un spectre différent, je n'ai pas toujours compris l'intérêt de ces chapitres pour cette histoire.

La conclusion m'a assez perturbée même si elle offre un joli retournement de situation. Il faut dire aussi que je n'ai pas du tout cerné les motivations d'Hazel quant à cet évènement : impossible pour moi de savoir si elle est honnête ou s'il s'agit d'une vengeance.

 

Hazel a vraiment un truc en plus qui la rend envoûtante. C'est clairement le genre de personne sombre qui dégage tant de lumière que l'on a envie de les côtoyer alors que l'on sait, au fond, que ce n'est pas forcément une bonne chose pour nous. C'est d'autant plus mon cas, qu'elle me donne envie de la sauver, un peu à l'image de Romain... même si j'apprend de plus en plus qu'il ne faut pas (c'est à eux de se sauver eux-même) pour ne pas s'abimer, c'est plus facile à dire qu'à faire.

Romain et Ian ne m'ont pas vraiment charmée tant je ne les ai pas trouvés très honnêtes avec eux-mêmes. Ils essayent de se donner le beau rôle alors qu'ils sont finalement assez à côté de la plaque avec Hazel. Si j'ai tout de suite rangé Ian dans la case des gars qui n'en valent pas la peine, j'ai eu une certaine sympathie pour Romain. Je me dis qu'il pourrait être tellement heureux s'il arrivait à tourner la page sans que cela signifie forcément la fin de son amitié avec elle.

 

C'était la première fois que je lisais un roman de Sarah KOSKIEVIC et j'ai vraiment passé un bon moment avec. J'ai aimé le dynamisme de son histoire et la manière d'aller droit au but. J'ai également apprécié le flou artistique de sa narration, qui ne nous explique pas tout et va parfois un peu trop vite mais qui colle parfaitement à l'univers instable d'Hazel et à ses pensées parfois décousue. C'est entraînant, assez fascinant et quelque fois consternant.

Une lecture intrigante.

 

 

[les +] Fascinant et troublant, des personnages qui ne nous ressemblent pas mais que l'on comprend.

[les -] un flou qui pourra gêner certains lecteurs.

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12 mai 2024 7 12 /05 /mai /2024 05:00


 

 

 

 

  

La Mouflette
Françoise DORIN

France Loisirs - 1994
304 pages

 

 

 

 

 

 

L'histoire est celle d'un ménage à trois : Lui, Elle et l'Autre. L'Autre, c'est la mouflette, un bébé de six mois. Pas le genre "risettes et gazouillis", mais un bébé à problèmes. Un bébé à angoisses. Un bébé tyran, d'une fragilité... herculéenne. Elle s'appelle Ophélie. Elle, c'est la grand-mère d'Ophélie. Pas le genre "Mamy confiture", mais une grand-mère qui voyage, qui travaille, qui sort, qui aime. En vérité, c'est une femme de quarante-trois ans qui a beaucoup de bonheur à rattraper. Et depuis seulement une vingtaine de mois, elle le rattrape avec... "Lui". Lui, c'est "Lui". Pas le genre "gentil et confortable". Sur ses cartes de visite, il s'intitule "Homme libre". Dans la vie, il s'ingénie à l'être et fuit tout ce qui peut entraver son indépendance. En premier lieu, les enfants. Pour Elle et Lui, amants comblés et insouciants, l'Autre a beau être au berceau, c'est quand même l'Autre et sa présence qui entraîne les mêmes conflits que dans la plupart des ménages à trois.

 

 

Encore une fois, c'est grâce à maman et sa volonté de compléter ma PAL rouge avec les livres de leur bibliothèque que je n'aurais pas encore lus, pour cette nouvelle session du Challenge Bookineurs en Couleurs, que je me suis retrouvée avec La Mouflette entre les mains. Du coup, quand j'ai tiré au sort ce livre dans ma Red Book Jar, j'étais plutôt contente : même si j'avais peur que la lecture soit un peu datée (n'ayant pas adhéré au seul autre livre que j'avais lu d'elle), j'étais tout de même contente de savoir que ça faisait un livre supplémentaire à leur rendre (parce qu'au fil des sessions et des saisons, leurs livres s'entassent dans ma bibliothèque !).

 

L'intrigue autour de la petite Ophélie m'a beaucoup plu : je n'ose imaginer le choc que cela doit être de se voir déposer un bébé dont on n'a pas la connaissance tout en apprenant son lien de parenté. Si cela serait un choc pour plus d'un, j'ai trouvé que celui-ci était plutôt bien amorti pour Paule qui n'est pourtant plus en contact avec sa fille depuis des années. Pour le coup, ça ne m'a pas forcément dérangée : quand on est face à une urgence, c'est souvent le pilote automatique qui se met en marche et j'ai trouvé plutôt intéressant la manière dont le lien maternel se fait. La relation entre ces deux-là est plutôt douce dans sa construction même si Ophélie n'a rien du bébé "parfait" tant elle semble souffrir de la situation qu'elle doit peiner à comprendre... Du coup, j'ai trouvé assez moche que les questions que Paule se pose vis-à-vis de sa petite fille découlent plus de sa relation avec Barth que de ce qu'elle veut vraiment.

Franchement, la romance entre Paule et Barth ne m'a pas du tout fait rêvée. Je ne l'ai pas trouvée saine du tout et clairement, ce n'est pas ce dont j'ai envie dans ma vie. J'ai eu l'impression qu'elle était totalement déséquilibrée : que Barth impose, que Paule dispose et que le premier n'est pas du genre à faire des compromis. Machos ou pas, il a tout du grand gamin qui refuse de grandir et qui est habitué à ce que l'on cède à ses caprices. J'ai trouvé son attitude nulle envers Paule : souvent moqueuse, parfois culpabilisante ou provocatrice mais rarement dans l'écoute. Tout va uniquement dans un sens et j'ai trouvé ça particulièrement moche.

En fait, en général et à l'exception de Félix, j'ai trouvé Paule bien mal accompagnée dans la vie. Je n'ai pas l'impression qu'elle puisse compter sur beaucoup de personnes et c'est d'autant plus dommage qu'elle a l'air d'être quelqu'un de fiable et empathique. J'ai été agacée par le fait que beaucoup de ses proches lui dictent ce qu'elle doit faire dans sa vie, servant souvent leurs propres objectifs, sans se soucier de ce qu'elle veut ELLE réellement. 

Du coup, la conclusion ne m'a pas franchement émue. Alors, certes, elle conclue l'histoire comme Paule semblait l'espérer mais, au fond, je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure chose que l'on pouvait lui souhaiter. J'espère que les remises en question et compromis de chacun tiendront dans le temps.

 

Paule est un personnage plutôt agréable à suivre même si elle change d'avis assez régulièrement suivant les conseils de chacun. Elle ne m'a pas donné l'impression de savoir s'écouter et, d'une certaine façon, cela m'a incité à la protéger. J'ai été un peu étonnée de sa description physique (une grande liane) à des années lumières de ce que j'imaginais tant elle a tout d'une petite souris qui se fait discrète dans la vraie vie.

Barth m'a profondément déplu : il n'arrive clairement pas à la cheville de Paule et ne la mérite pas. Il m'a agacé par ses caprices, son chantage affectif et ses demi mensonges. Certes, il a vraiment une aura magnétique mais cela ne justifie pas son comportement.

La petite Ophélie est touchante même si elle est continuellement en train de pleurer et qu'elle a besoin d'être rassurée. Je serai curieuse de voir comment elle a grandi quelques années plus tard.

 

Je pense que j'ai davantage accroché à l'écriture de Françoise DORIN dans ce roman que dans En avant toutes ! bien que ce ne soit pas vraiment un style qui me parle. J'ai apprécié son dynamisme et son côté sans détour, mais je préfère des écritures plus douces et moins agressives. Elle va tellement droit au but que, par moment, j'avais l'impression qu'il me manquait des informations pour tout comprendre.

Une histoire qui ne m'a pas fait rêver.

 

 

[les +] Une histoire prenante et dynamique.

[les -] Une romance pas vraiment saine.

 

 

Lu dans le cadre de :

Challenge Bookineurs en Couleurs #6.6 : Rouge

Challenge gourmand #21 : Whisky et Whiskey

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11 mai 2024 6 11 /05 /mai /2024 05:00

 

 

 

 

Le Trône de Jade
Téméraire, tome 2
Naomi NOVIK

 

France Loisirs - 2009

544 pages

  

 

 

 

 

 

 

Lorsque les Anglais ont intercepté un navire français et son précieux chargement, un œuf de dragon, Will Laurence, capitaine de la Royal Navy, est devenu le maître du dragon nouveau-né qu'il a baptisé Téméraire. A présent, l'empereur de Chine vient de découvrir que le dragon Impérial qu'il avait envoyé à Napoléon en guise de cadeau est tombé aux mains des Anglais. Une délégation chinoise en colère réclame l'animal. Laurence refuse de coopérer et de rendre le coéquipier dont il n'imagine pas pouvoir se séparer. Mais devant le risque d'être condamné à mort pour désobéissance, il est bien obligé d'accompagner Téméraire en Asie. Commence alors un long voyage semé d'embûches, de dangers, d'intrigues et de terreurs sans nom, qui ne fera que renforcer l'amitié indéfectible qui lie Will et Téméraire.

 

 

Je me suis mis l'objectif de lire un Téméraire tous les trois livres rouges afin de garder un certain rythme qui me permet de me souvenir de l'histoire sans pour autant faire une overdose avec les sept tomes présents dans ma PAL. Si j'ai beaucoup apprécié le premier, j'avais pourtant avancé doucement dans sa lecture, surement inquiète de l'épaisseur du bouquin et du nombre de tomes qu'il me restait à lire ! C'est donc toujours avec prudence que je me suis lancée dans Le Trône de Jade que, pour le coup, j'ai lu en moins de deux jours (oui, je sais, je suis moins impressionnante que je ne l'ai été ;D).

 

Si j'ai retrouvé avec plaisir Téméraire et Laurence, j'ai trouvé le début du bouquin assez confus : je pensais - à tord - reprendre l'histoire là où elle s'était arrêtée. Si la fin de Les Dragons de sa Majesté nous laissait prévoir l'arrivée des Chinois dans l'équation, je ne pensais pas que le deuxième tome commencerait directement dans l'action et en leur présence. On sent qu'ils sont là depuis quelques semaines et qu'il s'est passé des choses en notre absence et c'est vraiment cette sensation qui m'a un peu perturbée. Je crois qu'en les voyant arriver et en étant là lors des décisions prises conjointement entre les autorités, le début aurait surement été un peu plus agréable pour moi.

Pour le coup, j'ai vraiment apprécié retourner en mer. J'aime ces ambiances de voyage en huis-clos avec le soutien quasi-fraternel d'un équipage, ses moments de partage et les imprévus qui ne sont jamais bien loin. Pour le coup, j'ai trouvé qu'il y avait un petit côté Les Aventuriers de la mer dans ce tome qui m'a beaucoup plu. J'ai également apprécié les moments passés en Chine qui nous présente une autre culture des dragons et ai trouvé intéressante la lueur de rebellion qui s'est allumée dans les yeux de Téméraire. J'ai toujours apprécié les histoires engagées alors si c'est pour les conditions de vie ou de travail des dragons, cela me parle particulièrement. #deformationprofessionnelle

De même, j'ai aimé le fait qu'il y a plus d'actions dans Le Trône de Jade et ce, assez rapidement dans ce tome. Si l'intrigue plus politique est prenante, j'ai apprécié les différentes batailles qu'elles soient dans les airs, dans l'eau ou sur terre. De ce côté-là, c'est assez complet et plaisant à suivre tant elles ne se ressemblent pas. J'ai aimé que ce soit le prétexte pour voler une nouvelle fois avec Lily, Max et les autres dragons de l'escouade.

La conclusion de ce tome est sympathique et promet un autre voyage dans le tome 3 (enfin j'espère !) et j'en ai apprécié les remises en question qu'elle propose. Par contre, j'ai trouvé la résolution de l'intrigue un peu rapide au vu de son déploiement dans ce tome, notamment concernant ses aspects plus politiques.

 

J'ai retrouvé avec plaisir Laurence, assez fidèle à lui-même. J'ai aimé ses petits pics de jalousie qu'il tente de cacher ainsi que son intérêt pour la culture d'autrui : clairement, même s'il est parfois un peu vieux jeu, j'apprécie ses manières de gentleman. C'est intéressant la façon dont il se sert de son vécu sur un bateau et dans les corps aériens pour créer un statut diplomatique sain entre les deux équipages et les Chinois.

Téméraire m'a beaucoup plu dans ce tome tant l'on sent qu'il s'émancipe de plus en plus et s'affirme dans ce qu'il aime. J'ai trouvé amusant de le trouver plus "adolescent", un peu inquiet de ce que vont penser les dragons chinois de lui et à faire les yeux doux à une certaine dragonne.

 

Si j'ai lu plus rapidement ce tome, je ne saurais dire si je l'ai préféré ou non au précédent. J'ai cependant apprécié la narration plus dynamique et combative, moins centrée sur l'introspection de Laurence. Le ton est plus énergique, plus combatif tout en laissant une jolie place au voyage et à son côté parfois contemplatif. Naomi NOVIK a une écriture plutôt versatile et c'est très agréable de la voir s'adapter au rythme de ses histoires.

Curieuse de découvrir la suite.

 

 

[les +] Une ambiance voyage, des batailles, de la curiosité.

[les -] Un début perturbant.

 

 

Du même auteur : 

 Téméraire  tome 1 : Les Dragons de sa Majesté

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9 mai 2024 4 09 /05 /mai /2024 05:00

 

 

 

 

 

 

 

Comptine des Height
Jean LAHOUGUE

Le Club Express - 1980
325 pages

 

 

 

 

 

 

 

Jeune médecin stagiaire à l'hôpital dirigé par le professeur Foster, le narrateur prépare une thèse sur la vieillesse, ce qui l'amène à passer les fêtes de Noël auprès de Lady Height, dans son superbe domaine de Charlen House isolé sous la neige et les brumes. Parmi les hôtes de la tyrannique infirme se trouvent réunis Lord William son second mari, le baronnet John son fils unique, né d'un premier mariage, fiancé à Cordolia sa belle-fille, mais surtout la mystérieuse Gillian, une cousine éloignée dont le jeune médecin tombe éperdument amoureux. Autres invités : les parents divorcés de Gillian, le commandant Mulligan, Anne et son mari le président Salomon, Michaël Height l'architecte, enfin Richard, un musicien contrefait. Entre les murs hautains et fastueux du château, les fêtes tournent soudain au drame sanglant : les hôtes sont tous assassinés en l'espace de cinq terribles journées. Qui donc peut être l'ange exterminateur et pourquoi a-t-il tué ? Après avoir bouclé le domaine, la police mène l'enquête sur le lieu des crimes. Chaque personnage est suspecté à tour de rôle, et le narrateur lui-même n'échappe pas aux soupçons. 

 

 

Clairement, il ne vaut mieux pas être avec ma maman au moment de constituer sa mini-PAL au début d'une nouvelle session du Challenge Bookineurs en Couleurs : elle adore alors faire le tour de ses bibliothèques pour dénicher des livres de la bonne couleur et augmenter drastiquement le nombre de livres à lire (ou, plutôt à essayer de lire). Quand elle m'a tendu Comptine des Height, je n'ai pas trop su quoi en penser tant rien sur le livre ne donnait d'indices sur le contenu de son histoire...

Cela dit, quand je l'ai tiré au sort de ma Red Book Jar, je n'étais pas ravie ravie : j'avais un peu un mauvais pressentiment concernant mon attrait pour cette histoire emprunté à mon papa, d'autant plus que ce n'était pas tellement son genre habituel de lecture. Cela dit, j'imagine que sa couverture dénuée d'informations y était aussi pour beaucoup : généralement, ça va plutôt de paire avec les bouquins intellos dont seuls les auteurs (et leurs éditeurs - quoique je me demande s'ils ne font pas semblant ;D) comprennent leur contenu.

 

Malheureusement pour moi, l'intuition a été la bonne. Franchement, cela faisait longtemps que j'avais aussi peu adhéré à ce que je lisais. C'est simple, je me suis revue devant Stendhal à préparer mon bac de français : à peine avais-je tourné une page que je ne me souvenais plus ce qu'elle contenait. J'ai vraiment trouvé la narration très pénible.

En soit, l'histoire aurait pu être prenante : l'ambiance huis-clos est plutôt intéressante, surtout avec son petit air désuet d'une autre époque qu'il est étonnamment difficile de situer. Je me suis plu à imaginer tout ce beau monde en tenues du début du XXe siècle mais, en l'absence d'indications temporelles, il est surement plutôt probable que ce soit contemporain à l'écriture du livre et donc aux années 80. 

J'ai trouvé plutôt intéressante la découpe du roman par jour, nous laissant nous demander qui sera la prochaine victime. Pour le coup, j'ai plutôt apprécié les multiples rebondissements liés aux meurtres et aux choses que mettent en place les Height pour se protéger. J'ai trouvé difficile de trouver l'identité du coupable mais c'est surement en lien avec mon désintérêt pour cette histoire. Pour le coup, j'ai trouvé les conclusions plutôt lourdes et répétitives.

 

Le narrateur - impossible de dire s'il a un nom ou pas - ne m'a pas vraiment touchée. Je l'ai trouvé un peu pépère et faussement dégourdi malgré son jeune âge. Clairement, il s'agite plus qu'il n'agit. J'ai eu l'impression qu'il se donnait davantage d'importance qu'il n'en avait réellement dans cette histoire. Pour le coup, je n'ai pas tellement compris l'intérêt de mentionner à plusieurs reprises qu'il est médecin tant cela n'apporte rien à cette intrigue. Si ce n'est que de nous relater les faits de l'intérieur, je l'ai trouvé plutôt inutile et inintéressant.

Les autres personnages ne m'ont fait ni chaud ni froid. Je pense que c'est conjointement dû au huis-clos ainsi qu'à la narration qui les décrit un peu à la façon d'un ouvrage d'anthropologie. Je trouve dommage de ne pas avoir aperçu leur part d'humanité ou quelque chose pour me raccrocher à eux : après tout, c'est ce que je viens chercher dans un livre.

 

Franchement, j'ai trouvé l'écriture de Jean LAHOUGUE particulièrement fastidieuse à suivre : j'ai du mal avec les écritures ampoulées et contemplatives qui me donnent souvent l'impression égocentrée que l'auteur se lit en train d'écrire. Je crois que dans le cadre de Comptine des Height, cette perception est d'autant plus renforcée que le romancier a donné son nom à un personnage et pas n'importe lequel. Outre ce fait, j'ai trouvé que ce genre de narration se mariait peu avec ce type d'histoire : elle l'aplati totalement en atténuant ses rebondissements. Et, plus que tout, j'ai été agacée d'avoir l'impression de relire sans cesse les mêmes choses tant le narrateur revient sur des faits du passé ou laisse la place successivement à des échanges avec d'autres personnages pour redire un peu différemment ce qui a été expliqué dans les dizaines de pages précédentes. 

Personnellement, je n'ai pas du tout compris la comparaison avec Dix petits nègres. Certes, Jean LAHOUGUE mentionne cette histoire et son auteure en préambule mais, à part le huis-clos et le nombre de meurtre, tout éloigne ces deux histoires au niveau de l'écriture : clairement, je ne pense pas que les amateurs du style direct et dynamique d'Agatha CHRISTIE retrouveront ce qui leur plaît tant dans Comptine des Height.

Je passe mon chemin.

 

 

[les +] Une intrigue intéressante

[les -] Une narration lourde, plate et ampoulée

 

 

Lu dans le cadre de :

  
Challenge Bookineurs en Couleurs #6.6 : Rouge

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6 mai 2024 1 06 /05 /mai /2024 05:00

 

 

  

 

Et tu entendras le bruit de l'eau
Sophie JOMAIN

Harlequin (&H) - 2019
Ebook (epub) - 187 pages

 

 

 

 

  

 

Marion Verrier est Fendie Miller. Ou plutôt Fendie Miller est Marion Verrier. Elle ne sait plus trop... Est-elle vraiment devenue cette journaliste assoiffée de scoops que plus rien n'émerveille ? Poussée à bout, Marion craque et décide de s'échapper en baie de Somme. Un bungalow cosy perdu dans la nature pour se retrouver et réfléchir à ce qu'elle va faire de sa vie, voilà tout ce à quoi elle aspire. Mais, au "Bruit de l'eau", Marion découvre qu'elle n'est pas aussi seule qu'elle le pensait ; quelqu'un d'autre a choisi l'écolodge pour s'isoler du monde. Un homme, mystérieux et solitaire, que le destin n'aura de cesse de remettre sur sa route.

 

 

Pour le coup, quand j'ai tiré au sort Et tu entendras le bruit de l'eau de ma Red Book Jar pour la session rouge du Challenge Bookineurs en Couleurs, j'ai vraiment été contente : les livres de Sophie JOMAIN sont toujours l'occasion de passer un joli moment.

 

De l'auteure, j'ai surtout lu deux de ses sagas bit-lit : Felicity Atcock et Les Étoiles de Noss Head. Si j'ai eu l'occasion de lire d'autres de ses romances plus contemporaines, je ne m'attendais pas à découvrir avec Et tu entendras le bruit de l'eau un récit aussi doux. Non pas que son humour m'a manqué mais j'ai trouvé l'histoire de Marion et Ben très ressourçante.

Le contexte professionnelle de Marion m'a particulièrement parlé. Sans être journaliste, j'ai retrouvé dans ce qu'elle vivait dans son travail ce que je viens de traverser dans le mien : le sabotage du management, la perte de sens au travail, le milieu qui ne nous rend plus fières et finalement la démotivation. C'est clairement difficile de prendre du recul sur ce genre de situation et ces vacances "forcées" sont aussi là pour se poser les bonnes questions et aller là où il nous semble juste d'aller. Je me suis donc retrouvée dans ses remises en question, sa volonté de prendre soin d'elle et son envie de retourner vers un milieu professionnel plus sain. Si j'ai été très heureuse de son happy end professionnel, j'attend encore le mien ;)

Je ne me reconnais pas forcément dans le côté célibattante fuyant toute relation de Marion mais son attache envers Ben alors qu'il est clair qu'il ne faudrait pas, tant il n'est pas prêt à rouvrir son cœur, m'a fait écho. Je ne sais pas si l'on passe toutes par ce genre de relation à sens unique mais pour le coup, ça m'a beaucoup parlé de la voir espérer quelque chose qui semble impossible et d'essayer de ne pas tomber amoureuse (alors que dans son cas, c'est déjà trop tard). J'ai donc trouvé intéressant la manière dont tout se délie même si je ne suis pas certaine que ce genre de remise en question arrive dans la vraie vie...

J'ai également beaucoup apprécié la vision critique de notre société que défend Sophie JOMAIN dans son roman. J'ai aimé les thématiques engagées qu'elle aborde, qui passent malheureusement souvent inaperçues. L'air de rien, elle nous sensibilise et nous force à nous poser les bonnes questions sur ces thèmes pas vraiment sexy. Franchement, ça fait du bien de trouver ça dans une romance !

 

J'ai aimé le fait que, dans un premier temps, Marion semble a des années lumières de ma propre vie : avec son indépendance financière assumée, sa vie à cent à l'heure et son refus de s'attacher... il a été difficile pour moi de me reconnaitre en elle dans un premier temps. J'ai d'autant plus apprécié apprendre à la connaître en la voyant se poser et se retrouver lors de ses vacances au "Bruit de l'eau". J'ai aimé qu'elle choisisse un endroit où on ne l'attendait pas et que ce soit le prétexte pour elle de renouer avec ce qu'elle vraiment faire. J'ai trouvé sa transformation aussi douce qu'inspirante. J'ai également aimé son lien à sa famille, aussi pudique que présent, et leur manière de traverser ensemble les épreuves de la vie.

Ben m'a un peu moins séduite mais je pense que c'est aussi parce qu'on le côtoie de plus loin et qu'il en parait donc plus stéréotypé. Il m'a un peu saoulée dans ses contradictions (mais je pense que c'est aussi parce qu'il m'a rappelé quelqu'un ;D). Je l'ai trouvé assez frustrant comme personnage, tant il est fermé et qu'il ne se remet pas en question pour enfin avancer. Pour le coup, une thérapie lui aurait sûrement fait du bien.

 

Cela faisait un bon moment que je n'avais pas lu de roman de Sophie JOMAIN et je suis ravie de renouer avec son univers via Et tu entendras le bruit de l'eau. J'ai aimé le côté à la fois doux et dynamique de cette histoire et son ton plutôt sérieux. Je trouve que la narration laisse vraiment la place à ses personnages tant et si bien que l'on oublie rapidement que ce n'est qu'une histoire. Forcément, les parallèles que j'ai pu faire avec ma propre vie m'ont particulièrement parlés : bref, aujourd'hui, je travaille pour avoir un Happy End à l'image de celui de Marion ;)

Une histoire qui a tout d'une vraie

 

 

[les +] Des remises en question saines, des thématiques engagées

[les -] Un Ben un peu frustrant (mais qu'on aime bien quand même)

 

 

Lu dans le cadre de :

Service presse - Amazon Publishing (Montlake)

Challenge Bookineurs en Couleurs #6.6 : Rouge

Challenge gourmand #20 : Pâtisseries

 

 

Du même auteur :

 Cherche jeune femme avisée  D'un commun accord  Quand la nuit devient jour   Pamphlet contre un vampire 
 Felicity Atcock  tome 1 : Les anges mordent aussi  tome 2 : Les anges ont la dent dure  tome 3 : Les anges sont de mauvais poil

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Bienvenue & Bonne visite !

 

Lunazione : n.f. (italien)
Intervalle de temps entre deux retours consécutifs de la lune à la même phase.
Soit 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2.8 secondes.



Tous les textes et chroniques publiés sont écrits par moi-même sauf indications contraires.
Merci de me prévenir et de mettre un lien vers mon blog si jamais vous souhaitez utiliser l'un de mes textes, même court.



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Luna.

 

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